‹ Chants et chansonsChapitre 176 sur 202 · LA CROIX · texte numérisé non relu

LA CROIX

A MON AMI Z***, ANCIEN MINISTRE Air (le>; Trou couJetirs,

« Mon cher ami, quand je serai ministre,

« Me dit un jour un de nos députés,

« Comptez sur moi, car, moi, quand j'administre,

« Je fais honneur aux honneurs mérités.

« Je ne veux pas, sous notre RépubHque,

« Voir la faveur l'emporter sur les droits;

« Vous, par exemple, oublié, c'est inique!

« C'est de ma main que vous aurez la croix. » (Bis.)

Grévy voulut qu'il fût d'un ministère.

Il commença par placer ses parents :

L'un fut préfet, et l'autre (ancien notaire) Eut un bureau dans les comptes courants. Il maria ses nièces, ses maîtresses A des frîiifs secs pourvus, par lui, d'emplois, Et pour mêler l'honneur à ses tendresses, De sa main propre il leur donna la croix.

Aux chiens couchants d'un certain journalisme Il dut jeter de gros os à ronger.

Pour soutenir son cher opportunisme ^ Dont la doctrine était fort en danger.

Les fonds secrets, malgré leur importance, Comme un sorbet fondirent dans ses doigts; D'un supplément il corsa la pitance.

En leur donnant, comme dessert, la croix.

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