LA CROIX
A MON AMI Z***, ANCIEN MINISTRE Air (le>; Trou couJetirs,
« Mon cher ami, quand je serai ministre,
« Me dit un jour un de nos députés,
« Comptez sur moi, car, moi, quand j'administre,
« Je fais honneur aux honneurs mérités.
« Je ne veux pas, sous notre RépubHque,
« Voir la faveur l'emporter sur les droits;
« Vous, par exemple, oublié, c'est inique!
« C'est de ma main que vous aurez la croix. » (Bis.)
Grévy voulut qu'il fût d'un ministère.
Il commença par placer ses parents :
L'un fut préfet, et l'autre (ancien notaire) Eut un bureau dans les comptes courants. Il maria ses nièces, ses maîtresses A des frîiifs secs pourvus, par lui, d'emplois, Et pour mêler l'honneur à ses tendresses, De sa main propre il leur donna la croix.
Aux chiens couchants d'un certain journalisme Il dut jeter de gros os à ronger.
Pour soutenir son cher opportunisme ^ Dont la doctrine était fort en danger.
Les fonds secrets, malgré leur importance, Comme un sorbet fondirent dans ses doigts; D'un supplément il corsa la pitance.
En leur donnant, comme dessert, la croix.