‹ Chants et chansonsChapitre 18 sur 202 · La Bernerette d'Alfred de itusset · texte numérisé non relu

La Bernerette d'Alfred de itusset

de Pli ni Ave 11 cl. 31

LA MUSE DE L'HISTOIRE Mélodie

Chantée par M""' Keller-Caron à l'Alcazar-LjTique. Musique ih- ^^, .T.-B. DE CoxiNr K.

Je suis la muse de l'histoire,

J'écris pour la postérité ;

Je chante tour à tour la gloire,

La patrie et la liberté.

J'ai vu les peuples de la Grèce

A Sparte honorer la valeur,

Et, dans Rome, j'ai vu Lucrèce

Mourir pour sauver son honneur

Moi, la muse noble et fière.

J'ai pour sœur la Vérité, Et de mon flambeau j'éclaire La marche de l'humanité.

J'ai vu la gloire au moyen âge, Enivrant les peuples guerriers, Semer le meurtre et le pillage A travers des pays entiers.

La guerre r mais c'est la famine !

La paix, c'est la prospérité !

La première fait la ruine, La seconde, la liberté.

Moi, la muse noble et fière, J'ai pour sœur la Vérité, Et de mon flambeau j'éclaire La marche de l'humanité.

Notre âge moderne raisonne; Le travail est un saint devoir, Et le progrès au pauvre donne Du pain blanc au lieu de pain noir.

La France marche, elle progresse, On sent un avenir meilleur ; Les plus beaux titres de noblesse, Sont les outils du travailleur.

Moi, la muse noble et fière, J'ai pour sœur la Vérité, Et de mon flambeau j'éclaire La marche de l'humanité.

Oui, mais l'empire avec la force

Commet les plus sanglants abus;

Depuis Décembre, c'est la Corse

Qui tue en France les vertus.

Ah ! j'aimais mieux quatre-vingt-treize

Avec ses immenses excès !

Ne chantez plus la Marseillaise,

Français, vous n'êtes plus Français !

Moi, la muse noble et fière, J'ai pour sœur la Vérité, Et de mon flambeau j'éclaire Iva marche de l'humanité *.

7 mars 1853.

La musique : chez M. Michaëlis, éditeur, rue de Maubeuge, 45.

de Paul Avencl. 33

LA NORMANDIE Rondeau.

A mon oncle Pierre Avenel, fermier, maire de Biville-la-Baignarde {Pi\ys de Caux).

Air de la Valse de Giselle.

La Normandie a le doux privilège D'être prodigue en sa fertilité, C'est un pays qu'un Dieu clément protège En pours'oyant à sa prospérité.

Ses femmes ont, et, moi, je vous l'assure. Des agréments que bien d'autres n'ont pas ; Ses chevaux ont une mâle encolure, Dont les sportsmen sur le turf font grand cas.

Le sol normand a de gras pâturages.

De beaux troupeaux et de riches fermiers. Chaque masure, au milieu des herbages, Vit à l'abri de plantureux pommiers.

Et ces vergers, quand l'été les embrase, Sont pour la pomme un nouveau Paradis ; Aussi rend-elle au pressoir qui l'écrase L'n cidre d'or constellé de rubis.

Le cidre doux imite le Champagne, Quand on le sert dans un ventru pichet : Son buveur trouve, en battant la campagne, Ce plaisir vrai, qu'en trinquant il cherchait.

Bêtes et gens ont l'allure normande :

Le taureau beugle en rentrant vers le soir,

34 Chants et Cliansons,

Fille et garçon ont la lèvre friande... Allais, marchais ! tout ça tient au terroir.

La Normandie est un pays fertile, La France sait l'estimer à son prix ; Elle produit l'agréable et l'utile; Elle a son charme aussi bien que Paris.

Un roi normand de haute fantaisie Avait pour sceptre un véritable pot.

Le cidre était sa royale ambroisie, Et ses Etats le pays d'Yvetot.

Ce roitelet donnait le bon exemple, En élevant jusqu'à lui Jeanneton; Le cabaret était son plus beau temple, Et sa couronne un bonnet de coton.

Bien des marmots avaient tout son visage Et sa tournure et son gai sans-façon; Le motif est, que dans plus d'un ménage, Ce prince était l'ami de la maison.

L'ambition trouble souvent les têtes En concevant d'impossibles projets; Lui ne songeait, à propos de conquêtes, Qu'à conquérir l'amour de ses sujets.

Aussi sa cour, le fait est bien notoire. Était le nid de tous les amoureux; Ils y venaient pour bien rire et bien boire ; Sa Majesté s'enivrait avec eux.

La Normandie est fière, en ses annales, D'avoir un roi comme on n'en vit jamais Dans les héros de ces races royales.

Oui s'abritaient sous d'orgueilleux palais.

de Paul Avenel. 35

Et, si j'en parle ici, c'est pour mémoire : Mon vers gaulois n'a plus à le juger; Car ce bon roi, dont si simple est l'histoire, Fut autrefois chanté par Béranger.

Improvisé à Calleville-les-Deux-Églises, pour un repas de famille.

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