LE PETIT VIX BLANC
A l'aube, j'ouvre ma croisée.
Pour humer l'air frais du coteau.
J'aime les pleurs de la rosée Qui font le vin clairet nouveau.
Le vin que me verse Claudine Me plaît par son goût aigrelet; C'est le meilleur de la colline On en boirait comme du lait.
Mon âme est ravie !
Petit vin blanc sans pareil; Tu jettes dans ma vie Un rayon de soleil.
Je ris des misères humaines, O mon verre ! quand je te bois.
Tu viens redoubler dans mes veines La chaleur de mon sang gaulois.
de Paul Avenel. 8i
Je sens mieux le bonheur de vivre Lorsque tu m'ouvres l'appétit; Tu me charmes comme un vieux livre Que le bon sens aurait écrit.
]\Ion âme est ravie !
Petit vin blanc sans pareil, Tu jettes dans ma vie Un rayon de soleil.
Si le cynique Diogène
Avait tiré de son tonneau *
Mon cher clairet, je crois sans peine
Qu'il aurait vu la vie en beau.
Il préférait au jus des treilles
La philosophie en plein vent;
Nous, aimons le vin en bouteilles
Et philosophons en buvant.
Mon âme est ravie !
Petit vin blanc sans pareil.
Tu jettes dans ma vie Un rayon de soleil.
Le vin blanc, en montant les têtes, Produit des effets merveilleux :
Il donne de l'esprit aux bêtes Et de la bravoure aux peureux.
A moi Claudine paraît belle Quand j'ai bu deux verres de trop; Et, pour mieux courir après elle, Tous mes désirs vont au galop.
Mon âme est ravie !
Petit vin blanc sans pareil, Tu jettes dans ma vie Un ravon de soleil.