LE ROYAUME DES POTS
Air ; Je loge nu quatrième étage.
J'ai fait un étrange voyage,
J'arrive du pays des Pots;
On m'a regardé comme un sage
Dans ce bon royaume des sots. (Bis.)
Je vous avoue avec franchise
Que, malgré tout ce qu'on en dit,
Leur proverbiale bêtise ( /z?- i
Vaut tout autant que notre esprit. \ ' '^
Chez 710US, dans notre ère nouvelle.
C'est toujours les nécessiteux Qui tiennent les pieds de l'échelle Que monte un richard vaniteux.
Chez enx^ lorsque le prolétaire Veut redresser ses droits faussés, On est sûr que le pot de terre Grossit le tas des pots cassés.
Chez 71011S, le simple bourgeois flatte Le grand du jour dont il dépend; Il lui graisse même la patte Pour mieux arriver en rampant.
Chez eux, pour une bonne grâce, On attend rarement en vain, Car les pots fêlés, gens en place.
Reçoivent tous les pots de vin.
Chez nous, les fats, porteurs d'épée, Se prennent pour des conquérants.
Et, tous, ils ont une épopée A l'usage des ignorants.
Chez eux, le poseur militaire Se donne à peu près le même air; Aussi combien de pots de terre Sont brisés par les pots de fer.
Dans ce royaume magnifique,
Régnait le plus grand des coquins;
A sa place, la République
Se fonda sans républicains.
Croyez-vous qu'en vont mieux les choses ?
On vient de doubler les impôts.
Ah ! qu'il est grand le pot aux roses
De ce gouvernement des pots.