LE CAMÉE
Je t'envoie un petit camée,
ma bien-aimée !
Ciselé délicatement, En aimant.
Sur une agate très-fine Ton beau profil se burine; Effilée en petit bec, Ta lèvre est un bijou grec; Ton oreille est faite et brille Gomme une fraîche coquille; Ton menton a le fini D'un œuf, posé dans le nid.
Je t'envoie un petit camée,
Orna bien-aimée i Ciselé délicatement, Eu aimant.
Ta joue est un nid de roses?
Au coin de tes lèvres closes, Du sourire poind la fleur ; Ton œil jette une lueur, Comme un bleu rayon de lune À travers la forêt brune ; Tes cils voilent sa clarté, Ton sourcil peint ta fierté.
Je t'envoie un petit camée,
ma bien-aimée!
Ciselé délicatement, En aimant.
Ton front, blanc comme les cygnes, S'enfle avec de belles lignes;
C'est comme un raisin serre Où couve le feu sacré.
Pour compléter la figure Il manque la chevelure, Le cou si pur et le sein Dont j ébauche le dessin.
Je t'envoie un petit camée,
ma bien-aimée!
Ciselé délicatement, En aimant.
Tes cheveux, je les dénoue ; Sur ta nuque, sur ta joue, J'aime à les voir voltiger; Faut- il mieux les arranger En grappes, tresses ou natte, Avec ruban d'écarlate, Rose ou bluet? tout va bien; Ils sont plus beaux avec rien.
Je t'envoie un petit camée,
ma bien-aimée !
Ciselé délicatement, En aimant.
Vite, encore une retouche, Un baiser sur celte bouche; Qu'il pende tout alentour Une guirlande d'amour, Des roses, des tourterelles, Croisant leurs becs et leurs ailes.
Cher camée ! il faut en cor L'armer d'une aiguille d'or.
Je t'envoie un petit camée,
ma bien-aimée !
Ciselé délicatement, En aimant.