APRÈS LA GUERRE D'ITALIE
15 août 1859. f
De par le monde il existe un génie De qui le souffle anime un vieux drapeau.
Quand flotte en l'air cette enseigne bénie, Chacun pressent quelque chose de beau ; Tout récemment, elle éclairait la crête Des monts Alpins; la voilà de retour !
Saluons tous avec des airs de fête Nos trois couleurs, messagères d'amour.
Que les notes sortent vibrantes De nos poumons plébéiens !
Célébrons nos grands citoyens Et nos phalanges conquérantes :
Évoquons les âmes errantes Aux champs Italiens !
Des Piémontais, appuyés par la France, Le roi demande à n'être qu'un soldat; Pour l'Italie et son indépendance Il veut marcher le premier au combat :
. A Palestro, brave parmi les braves, Devant la mort n'ayant pas son égal, Il est nommé caporal des zouaves, Comme autrefois le petit caporal.
Que les notes sortent vibrantes De nos poumons plébéiens !
Célébrons nos grands citoyens Et nos phalanges conquérantes:
Évoquons les âmes errantes Aux champs Italiens !
Montebello, cimetière historique Donne à Forey, grande, l'occasion De se montrer dans ce brasier stoïque, Et d'y tremper sa réputation.
Gloire à Sonnaz, à sa cavalerie, A Cambriel, à nos hardis chasseurs î Parmi les morts, faut-il que la patrie Ait à pleurer Beuret, l'un des vainqueurs.
Que les notes sortent vibrantes De nos poumons plébéiens!
Célébrons nos grands citoyens Et nos phalanges conquérantes :
Évoquons les âmes errantes Aux champs Italiens !
Connaissez-vous cet homme à grande mine, Aux longs cheveux, au front plein de fierté, Qui se confie à la vague marine, Quand parmi nous chôme la liberté ?
Garibaldi passe pour un fantôme, Invulnérable aux coups autrichiens.
Ses bersagliers de Varèse et de Côme Chassent d'Urban et ses Tyroliens.
Que les notes sortent vibrantes De nos poumon^ plébéiens !
Célébrons nos grands citoyens Et nos phalanges conquérantes :
Évoquons les âmes errantes Aux champs Italiens !
Sur le Tessin, c'est le tour de la garde; Mais l'ennemi longtemps lui résista.
Camou, Wimpfen, l'empereur vous regarde, Et Mac-Manon est duc de Magenta.
Chefs et soldats, une foule parée Vous jettera ses vivats et ses fleurs :
Milan ! tu dois une splendide entrée, Un grand accueil à tes libérateurs.
Que les notes sortent vibrantes De nos poumons plébéiens !
Célébrons nos grands citoyens Et nos phalanges conquérantes:
Évoquons les âmes errantes
Aux champs Italiens!
En tout combat, partout la France gagae; A Marignan c'est Baraguey-d'Hilliers.
Solferino couronne la campagne Par Niel, Renault et nos canons rayés.
Les empereurs étaient là face à face ; François-Joseph n'a plus d'illusions, Un coup de foudre éclate dans l'espace:
Dieu donne enfin la paix aux nations.
Que les notes sortent vibrantes De nos poumons plébéiens 1 Célébrons nos grands citoyens Et nos phalanges conquérantes :
Évoquons les âmes errantes Aux champs Italiens !