‹ Chants et poésiesChapitre 196 sur 204 · SUR LA MORT DE PIMODAN ET DE DE FLOTTE · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE PIMODAN ET DE DE FLOTTE

Sans les connaître au fond du cœur, Ces nobles champions de leur cause, Comme ils sont morts au champ d'honneur, Faisons-leur une apothéose!

Dédions un hymne pieux A de Pimodan, à de Flotte;

Fermons-leur doucement les yeux;

Sur leur tombe qu'un drapeau flotte,

Le drapeau de la nation,

Qui fait de ces rivaux deux frères;

patrie !ô religion!

Donnez-leur des larmes sincères!

Sans les connaître au fond du coeur, Ces nobles champions de leur cause, Gomme ils sont morts au champ d'honneur.

Faisons-leur une apothéose!

L'un et l'autre avaient tout quitté, Parents, amis, dans un beau zèle.

L'un défendait la papauté Contre une milice nouvelle; L'autre, l'élu d'un peuple ardent, Combattait pour la jeune idée :

Donc de Flotte et de Pimodan Avaient une foi décidée.

Sans les connaître au fond du cœur, Ces nobles champions de leur cause, Comme ils sont morts au champ d'honneur, Faisons-leur une apothéose!

Sur ce siècle qu'on dit blasé,

Et que souvent on calomnie,

Brillent, comme un arc irisé,

La Foi, l'Amour et le Génie;

Dans la fange pousse le blé.

Que le juste ait l'âme plus fîère!

Si les vices ont pullulé,

Ils font à sa vertu litière. •

Sans les connaître au fond du cœur, Ces nobles champions de leur cause, Comme ils sont morts au champ d'honneur, Faisons-leur une apothéose!

N'ayant que les instincts sacrés, Le courage et la foi pour guides,

4M) CBANTS ET POÉSIES

Tous deux ils s'étaient rencontrés En un vrai combat des Atrides.

Offrant leur beau sang pour enjeu, Us s'en donnaient à toute outrance.

La mort les a gagnés à Dieu, Et qui donc a perdu?... La France.

Sans les connaître au fond du cœur, Ces nobles champions de leur cause, Gomme ils sont morts au champ d'honneur?

Faisons-leur une apothéose!

Pleurez, pères, frères, amis !

Pleurez, sœurs, amantes et mères!

Qu'en de beaux cercueils ils soient mis Et suivis de saintes prières !

Que la patrie, en ses trésors, Conserve comme une relique Leurs noms parmi les noms des morts Que garde la douleur publique!

Page 1