‹ Chants et poésiesChapitre 33 sur 204 · UNE CHAINE · texte numérisé non relu

UNE CHAINE

Vous êtes à l'adolescence La fleur des fleurs de la cité; Des vertus vous êtes l'essence, Et la perle de la beauté.

De l'àme et des yeux on vous aime , Parmi tous qui choisirez -vous?

Qui ravira le diadème?

Qui s'appellera votre époux ?

Vous souriez comme une reine

À maints discours ; Mais vous ne rivez pas la chaîne

De vos amours.

L'un pour vous a vidé son coffre; Mais, dans ses écrins vainement, De sa main ridée il vous offre Or, bijoux, perles, diamants; Vainement dans ses flatteries Etincclant avec efforts,

Entre vous et ses pierreries II sait découvrir milte accords.

Vous souriez comme une reine

A maints discours; Mais vous ne rivez pas la chaîne

De vos amours.

Un autre plus aimant peut-être, Langoureux comme un rossignol, Fait gémir sous votre fenêtre La guitare de F Espagnol ; Il vous mêle en ses folles phrases Aux fleurs du ciel et des «entiers-; En des sonnets emplis d'extases Il met la lune sous vos pieds.

Vous souriez comme une jreine

A maints discours; Mais vous ne rivez pas la chaîne

De vos amours.

Et moi, ma belle enchanteresse, N'osant pas même vous parler, Je vais raconter ma détresse Aux bois qui savent consoler.

Le bouleau fleuri me conseille, Le bouvreuil m'apprend son secret, Qui se dit tout basa l'oreille Au plus profond de la forêt.

Et vous souriez, ô ma reine!

A mon discours ; Nous nous aimons, rivez la chaîne

De nos amours.

Dfe PlKhUE DUP0KT. 19

non aïeule

Je ne croîs pas qu'elle soit morte, Ma belle aïeule aux cheveux blancs ; Chaque soir, elle ouvre ma porte.

Et vers mon lit vient à pas lents :

Seulement je la vois plus belle; L'azur vif est moins radieux Que son visage et sa prunelle Ravivés aux splendeurs des cieux.

Mon aïeule au jeune sourire, Des cieux lointains votre séjour, A notre ciel revenez luire Pour y consoler mon amour.

Quand le coq matinal vous chasse Et vous renvoie à votre lieu, Nul autre ne tient votre place A votre table, au coin du feu.

Absente je vous vois encore, J'entends encore où vous étiez Sous vos doigts le Tuseau sonore, Le rouet bruyant sous vos pieJs.

Afon aïeule au jeune sourire, Des cieux lointains votre séjour, A notre ciel revenez luire Pour y consoler mon amour.

Quand mon âme penche inquiète Entre deux projets hasardeux, J'attends votre signe de tête Avant d'oser dire : Je veux!

Aucune erreur ne vous égare, Victorieuse de la mort, Et vos yeux doivent être un phare Qui mène toujouis à bon port.

Mon aïeule au jeune sourire, Des cieux- lointains voire séjour, A notre ciel revenez luire Tour y consoler mon amour.

Quand ma trame sera tissée, Quand mon œil jettera mourant Les vestiges d'une pensée A l'eau du terrestre torrent, Au seuil de la vie étemelle, Mon aïeule, je vous attends; C'est vous qui pousserez mon aile A franchir les bornes du temps.

Mon aïeule au jeune sourire, Des cieux lointains votre séjour, A notre ciel revenez luire, Pour y consoler mon amour.

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