LA FÊTE DU CURE
Dans un modeste presbytère, Un bon pasteur des plus anciens, Que Dieu laissait encor sur terre Pour faire le bonheur des siens, Disait, chaque année à sa fête, A tout son troupeau réuni :
M?s chers enfants, mon âme est prête A regagner son premier nid.
Pourquoi tromper ceux que Ton aime?
Lui répondaient les paysans.
Vous nous dites toujours de même
Tous les ans; Vous nous direz encor de même
Dans dix ans.
Alors il leur contait sa vie, QuT datait déjà de longtemps ; En sa jeunesse poursuivie, Il avait eu d'affreux instants.
A son arrivée au village, On avait planté ce noyer, Dont le soixantième feuillage Ne laissait pas de l'égayer.
Pourquoi tromper ceux que Ton aime? Lui répondaient les paysans.
DE PIERRE DUrONT. 19
Vous nous dites toujours de même
Tous les ans; Vous nous direz encor de même
Dans dix ans.
Enfin, joyeux de leur tendresse, Il disait pour les consoler :
Mes bons amis, rien ne me presse, Et j'attendrai pour m'en aller Que les rameaux dont se couronne Le vieux noyer soient reverdis, Puisque parmi vous Dieu me donne Un avant-goût du paradis.
Pourquoi tromper ceux que Ton aime?
Lui répondaient les paysans. , Vous nous dites toujours de même
Tous les ans; Vous nous direz encor de mémo
Dans dix ans.