‹ Chants et poésiesChapitre 43 sur 204 · LA VACHE BLANCHE · texte numérisé non relu

LA VACHE BLANCHE

Connaissez-vous ma vache blanche?

Elle est plus blanche que son hit :

Elle broute les bouts de branche, L'herbe fine et le serpolet.

Tous les printemps elle est génisse, Tous les hivers a deux jumeaux, Toute Tannée elle est nourrice De la ville et de nos hameaux.

Sa mamelle est une rivière.

Une rivière de bon lait :

Elle connaît ma main légère ; Une autre ne peut pas la traire :.

Gare au pied fourchu, s'il vous plaît !

Elle a jambe de demoiselle, Large flanc, regard caressant; Gomme la lune encor nouvelle,

bes cornes forment un croissant.

A son fanon pend une cloche Qu'on entend d'une lieue au loin, Dès qu'elle flaire mon approche»

Elle bondit comme un poulain.

Sa mamelle est une rivière, Une rivière de bon lait :

Elle connaît ma main légère ; Une autre ne peut pas la traire :

Gare au pied fourchu, s'il vous plait 1

Le lait de Blanche est une essence Des fleurs sauvages du pays; Il renferme plus de science Que tous les livres de Paris :

Plus d'un visage lamentable, Qui se flétrissait de langueur, A retrouvé .dans son étable Le teint rougeaud et. la vigueur.

Sa mamelle est une rivière, Une rivière de bon lait :

Elle connaît ma main légère ; Une autre ne peut pas la traire :

Gare au pied fourchu, s'il vous plait 1

Depuis tantôt dix-huit cent trente,

Mon flanc ne s'est pas reposé,

Et tous les ans, comme une rente,.

Il me vient un poupon rosé :

Quel beau garçon ! quel brin de fille !

Quelles femmes ! quels bons maris !

Leur sang comme un vin clair pétille :

C'est Blanche qui les a nourris.

Sa mamelle est une rivière, Une rivière de bon lait :

Elle connaît. ma main légère; Une autre ne peut pas La traire :

Gare au pied fourchu, s'il vous plaît t

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