RONDE DES PAYSANNES
Sur le pré, la brune et la blonde, Menons la ronde, allons bon train :
Que le bruit des baisers réponde Et marque le pas au refrain! (Bis.)
Chaque fille qui passe Demande qu'on l'embrasse:
Celle que l'on embrassera
À la ronde reine sera;
D'églantine on la fleurira.
La première qui passe Demande qu'on 1 embrasse :
Belle, tu reviendras demain ;
Va mendier, tendre la main,
Demande un baiser en chemin.
Sur le pré, la brune et la blonde, Menons la ronde, allons bon train :
Que le bruit des baisers réponde Et marque le pas au refrain ! [Bis.)
La seconde qui passe, Une fois on l'embrasse Du bout des lèvres seulement ;
Elle a pourtant minois charmant, Mais c'est un visage qui ment.
La troisième qui passe, A deux fois on l'embrasse :
Elle est belle, mais ses yeux doux, Qui vous regardent en dessous, Égratignent comme le houx.
Sur le pré, la brune et la blonde, Menons la ronde, allons bon train :
Que le bruit des baisers réponde Et marque le pas au refrain ! (Bis.)
La quatrième passe :
C'est la beauté, la grâce Et la faiblesse en même temps :
Fleur du pêcher, attends, attends, L'amour hâtif gèle au printemps.
Quand la cinquième passe,
On sent un froid de glace; Elle est bien belle, en vérité; Elle a du lis blanc la beauté, Mais du paon doré la fierté.
Sur le pré, la brune et la blonde, Menons la ronde, allons bon train :
Que le bruit des baisers réponde Et marque le pas au refrain ! (Bis.)
Plus d'une à son tour passe
Que Tune ou l'autre embrasse, Comme, entre mille, chaque fleur A son parfum et sa couleur, Chaque fillette a sa valeur.
A la fin Jeanne passe !
Tout le monde l'embrasse ; Sa beauté simple est sans apprêt, Cpmme la fleur du blanc muguet Ou la voix du chardonneret.
Cueillons réglantineà la ronde;
Jeanne est reine, il faut de l'entrain.
Que le bruit des baisers réponde Et marque le pas au refrain ! (Bis.)