‹ Chants et poésiesChapitre 77 sur 204 · JE VEUX BATTRE LES NOIX · texte numérisé non relu

JE VEUX BATTRE LES NOIX

Vite, ma ménagère,

Ma bouteille et mon verre Et mon bonnet de molleton !

Xe soir je veux tout battre,

Faire le diable à quatre; Jeanne, apporte-moi mon bâton.

Jeanne, prends garde aux coups de gaule !

Déjà tu fais ta grosse épaule :

Gare au chignon, gare à tes doigts, Je veux battre les noix .

L'année est bonne à pendre, On ne pourra rien vendre, On fera bien comme on pourra, S'il arrive une guerre ! . . .

Jusqu'aux pommes de terre Qui sont mortes du choléra !

Jeanne, prends garde aux coups de gaule!

Déjà tu fais ta grosse épaule :

Gare au chignon, gare à tes doigts, Je veux battre les noix.

On a peur d'un déluge :

Moi, j'aurais un refuge Contre le jugement dernier.

Quand il pleuvait à verse,

J'ai mis ma tonne en perce, Et monté la cave au grenier.

Jeanne, prends garde aux coups de gaule ' Déjà tu fais la grosse épaule :

Gare au chignon, gare à tes doigts, Je veux battre les noix.

La campagne est en perte,

Notre vendange est verte...

Elle est plus verte qu'un lézard

Qui dans un pré s'ennuie

Après un mois de pluie.

Jeanne! le vin est en retard.

Jeanne, prends garde aux coups de gaule Déjà tu fais ta grosse épaule :

Gare au chignon, gare à tes doigts, Je veux battre les noix.

J'aurai la langue noire,

Je ne pourrai pas boire Tout mon content de ma boisson ;

Jeanne ! reste tranquille,

A ta quenouille file, Et ne me fais pas de garçon.

Jeanne, prends garde aux coups de gaule !

Déjà tu fais ta grosse épaule :

Gare au chignon, gare à tes doigts, Je veux battre les noix.

BARCAROLLC

Voguons, ma belle amie,

Sur l'eau bleue endormie,

Sans souci de ramer. (Bis.)

Laissons pendre les rames

Et s'en aller nos âmes

Sur la pente d'cimer. (Bis.)

Suivons cette pente si douce, Sans regarder la rive fuir :

L'amour agite l'aile et pousse Notre barque avec un soupir.

Voguons, ma belle amie,

Sur l'eau bleue endormie,

Sans souci de ramer. {DU.)

Laissons pendre les rames

Et s'en aller nos âmes

Sur la pente d'aimer. (Bis.)

J'ai peur quand votre corps se penche Pour cueillir l'iris à fleur d'eau; Voyez-vous ! sous l'écume blanche, Dans le sable, dort un tombeau.

Voguons, ma belle amie,

Sur l'eau bleue endormie,

Sans souci de ramer. (Bis.)

Laissons pendre les rames

Et s'en aller nos âmes

Sur la pente d'aimer. (Bis.)

iSS CDANTS ET POÉSIES

Ah ! suspendez, sans plus rien dire, A mon cou yos deux bras nacrés; Et, si notre barque chavire, Nous ne serons pas séparés.

Voguons, ma belle amie,

Sur l'eau bleue endormie,

Sans souci de ramer. (Bis.)

Laissons pendre les rames

Et s'en aller nos âmes

Sur la pente d'aimer. (Bis.)

Nos corps unis, sur le rivage, Dans Therbe s'enseveliront, Et dans quelque rose sauvage Nos deux âmes refleuriront.

Voguons, ma belle amie,

Sur l'eau bleue endormie,

Sans souci de ramer. (Bis.)

Laissons pendre les rames

Et s'en aller nos âmes

Sur la pente d 'aimer . (Bis.)

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