LA ROMANCE DU PEUPLIER
Février 1850
Un beau peuplier d'Italie Jusqu'à ma fenêtre montait ; À sa pointe un oiseau chantait Une chansonnette jolie, Que ma voix gaiement répétait Pour chasser la mélancolie.
En fagots on vient de lier
Les branches De mon peuplier; Dans son bois on vient de scier
Des planches, Dans le cœur de mon peuplier.
Avant d'être sur cette place Et de briller en plein Paris, Épandant sur nos vieux débris Un air de fraîcheur et de grâce, En un vallon, loin de nos cris, Il se balançait dans l'espace.
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En fagots on vient de lier
Les branches De mon peuplier; Dans son bois on vient de scier
Des planches, Dans le cœur de mon peuplier.
Pour célébrer une naissance, Un baptême de liberté, ^Février l'avait transplanté En un jour de réjouissance ; Ah ! pourquoi nous avoir ôté Ce gai symbole d'espérance?
En fagots on vient de lit*.
Les branches De mon peuplier; Dans son bois on vient de scier
Des planches, Dans le cœur de mon peuplier .
Je me sentais bonne et plus pure,' Quand je voyais dedans le vent, Mon gentil peuplier mouvant Gomme une longue chevelure ; Je croyais qu'il était vivant, J'en veux avoir une'bouture.
En fagots on vient de lier Les branches Démon peuplier; Dans son bois on vient de scier
Des planches, Dans le cœur de mon peuplier.
Je te planterai dans la terre, Rameau chéri, près de mes fleurs, Qui pour moi sont toutes des sœurs, Et je t'appellerai mon frère.
Tu m'aimeras, et, si je meurs, Tu me suivras au cimetière.
DE PIEBRE DUPONT. 17f
En fagots on vient de lier Les branches De mon peuplier; Dans son bois on vient de scier
Des planches, Dans le cœur de mon peuplier.