AUDIN, QUAI DES AUGUSTINS, N
L'effroi de la captivité Nous doit-il condamner à cet exil sauvage ? Une heure seulement d'un jour de liberté Vaut mieux que de longs ans traînés dans l'esclavage.
Que sert de vivre à la fierté Qu'à chaque instant menace ou la mort ou l'outrage.]
Sois Bey, Prince, ou Visir puissant, Ta vie injustement n'en est pas moins tranchée : Le despote en est maître. Un soin obéissant A lui complaire en vai% tient ton âme attachée :
Son ardente soif de ton sang Ne s'apaisera pas qu'il ne l'ait étanchée.
Mêmes victimes du pouvoir , Musulmans et chrétiens , de tout rang , de tout âge, L'ont servi le matin, et sont tombés le soir. Compte tous les grands noms des martyrs de sa rage !
Leur sort terrible est un miroir Où d'exemples frappans s'offre à tes yeux l'image.
Rallions-nous ! et sous la croix Par de communs sermens consacrons notre zèle. Soumettons nos vertus au seul pouvoir des Lois : Non moins que les tyrans l'anarchie est cruelle.
Elle change en monstres des bois Les hommes ennemis de la paix fraternelle.