‹ Chants héroïques des montagnards et matelots grecs (volume 3)Chapitre 10 sur 56 · PARGA · texte numérisé non relu

PARGA

Montagnes, frais vallons, plaines fertilisées, Ombrages verdoyans de nos belles forêts , Rives que de nos deux fécondaient les rosées , Recevez en mes pleurs l'adieu de nos regrets.

Parga , riche cité , que le destin fit naître Trop voisine des lieux où règne le croissant,

O patrie ! ô Parga , long-temps fière et sans maître , L'Anglais te vend à l'or d'un Visir menaçant*!

« Fuyez, vils habitans, fuyez l'antique Épire! »

Dit un impie Aman , affamé de nos biens :

« Errez , perdez vos murs , vos temples , votre empire ;

» Tombe à jamais la croix et les derniers chrétiens !

» Que de leur gloire , au loin jadis victorieuse , » Triomphe le Koran et le bras d'Ismaël. »

Ainsi du vieil Aly la haine injurieuse Maudit avec fureur les Grecs et leur autel.

Que les grands pleurs d'un peuple, et l'éclat de ma plainte, Tonnent jusques au ciel contre un monstre ennemi, Et que ta foudre, ô Dieu! qu'un tyran croit éteinte, L'éveille , en le frappant , dans le crime endormi.

* Le diplomate lord Maitland tint envers les Grecs , trahis et livrés aux Turcs qui n'avaient pu les déposséder de Parga , une conduite bien opposée à celle du généreux poète lord Byron, dont l'ame et la lyre ont réhabilité l'honneur de la nation anglaise sur les plages Ioniennes.

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