‹ Chants héroïques des montagnards et matelots grecs (volume 3)Chapitre 21 sur 56 · KLEPHTES · texte numérisé non relu

KLEPHTES

Au mois parfumé du printemps , Sur de minces feuillets de blancheur éclatans ,

Aly trace , en noirs caractères , Son ordre aux Grecs armés dans leurs bois solitaires.

« Vous tous , de l'Olympe habitans , » Descendez de sa cime , et quittez vos repaires : » Venez baiser mes pieds en sujets repentans. »

Mais le Klephtc indompté ne saurait s'y résoudre : Il porte aux monts lointains et son sabre et sa foudre , Vers ses frères indépendans.

TaSI* 1

NOTICE

Ce peu de vers respirent une noblesse , une liberté agreste qui signale l'humeur fi ère et indisciplinée des Klcphtes vagabonds. Les deux petites pièces qui suivent celle-ci , roulent sur des courses militaires , expéditions qui leur sont habituelles ; et le langage en est légèrement conforme à la raillerie qui accompagne leurs coups de main sur les terres de leurs ennemis.

ZAGHARIAS.

De trois bourgs irrités m'accusent les familles : Un prêtre , ami des Turcs , a maudit nos garçons ; Sur toi , vieux renégat , nos méfaits sont vétilles. J'ai pris de ton hymen deux fatals nourrissons , Le sang de leur aîné , des autres deux rançons , A ta bru sa ceinture , une fleur à tes filles : Et ma main vengeresse enleva de chez toi Tout pour mes braves , rien pour moi.

Cette chanson animée d'une brusque et sanglante ironie de Zacharias contre un Proèstos du canton de

Saint-Pierre , ferait mal présumer du caractère personnel de ce Klephte : mais les traditions affirment qu'il n'était pas moins généreux envers ses concitoyens et charitable envers les pauvres, que redoutable aux Turcs , et qu'implacable pour les traîtres qui les secondaient dans leur tyrannie. 11 périt à Janina par les ordres de l'impitoyable Aly.

NANNOS.

Nanwos , sur le sommet d'un antique rocher ,

Exerce aux belliqueuses veilles

Les Grecs que sa voix fait marcher.

IVun projet de capture égayant leurs oreilles : (( Jeunes amis ! ce jour appelle sur mes pas » Non des Kleph tes bergers, mais des Klephtes soldats.* »

* Le texte dit : « Je ne veux point des Klephtes à moutons , mais des Klephtes à sabre. »

» Qu'un trajet de trois jours une nuit le franchisse : » Hâtons-nous ! de Sirrhine atteignons les foyers $

» Et que son or vous enrichisse.

)> Souriant , non sans peur , à ses hôtes guerriers : » — - Valeureux montagnards , salut ! nous dira-t-elle. » D'un opulent éclat sa demeure étincelle.

» Je vous livre Pâmas de ses trésors entiers :

» A vous ses biens , à moi la belle. »

NOTICE

Cette chanson est la seule un peu erotique de ce recueil : monsieur Fauriel remarque que les montagnards ne goûtent point celles qui roulent sur des aventures d'amour et de galanterie. L'austérité de leurs moeurs s'en offense.

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