‹ Chants héroïques des montagnards et matelots grecs (volume 3)Chapitre 23 sur 56 · L'AIGLE · texte numérisé non relu

L'AIGLE

DB

LOUROS.

Un Aigle aux ailes d'or , seul au vieux mont Louros ,

Las de porter la guerre aux oiseaux de la plaine ,

A dévaster son nid occupe son repos :

Son compagnon ailé qu'un vol subit amène :

a Aigle doré , salut ! — Salut , noble épervier !

» — Grand Aigle ! quel chagrin ombrage

» L'éclat de ton regard altier ?

» Et pourquoi sur ton nid portes-tu le ravage ?

» — Un songe , en triste augure , a troublé mon sommeil » De nos fiers ennemis Bérat est le repaire : » J'ai cru voir, en planant sur leur secret conseil , » S'élancer vers Bysance un fatal émissaire.

» Son or et ses dons suborneurs » Achètent du Sultan un édit sanguinaire » Qui soumette au Pacha la troupe des veneurs. »

Ainsi votre art signale , ô chantres de l'Epire , Deux héros montagnards , vos libres défenseurs , Contraints à fuir l'asile où leur fierté respire En farouches oiseaux poursuivis des chasseurs. *

* Ces quatre derniers vers , ajoutés au texte grec, m'ont servi k éclaircir le sens figuré de ce chant, dont le sujet reste vague et obscur pour les commentateurs.

NOTICE

Je me serais abstenu de traduire ce fragment, si je n'avais voulu rassembler les moindres détails caractéristiques du genre d'invention des chantres montagnards de la Grèce. L'allégorique entretien de l'aigle et de l'épervier attristés , figurant deux illustres chefs de bandes, réduits à la fuite, n'était pas à dédaigner dans mes recherches de ce que ces poésies encore brutes offrent à notre examen analytique. Une particularité m'a frappé de surprise dans ce morceau, c'est l'analogie de son invention avec celle que j'ai employée dans le poëme de la Mè*~ rovéïde pour offrir, sous la figure de deux oiseaux sacrés } une allégorie des deux religions payenne et chrétienne.

Quelques strophes , citées à la fin de ce livre , convaincront le lecteur du rapport de ces fictions.

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