CHANT
DK
JANAKITZA»
Battu des vents de la tempête, Assailli par l'onde et les feux,
Les foudres grondent sur ma tête 7 A mes pieds les flots orageux.
Les airs sifflent dans la tourmente :
La mer irritée , écumante ,
tji
Semble un vaste gouffre sans bord :
Nul fanal; mais le bruit et l'ombre, Des vagues , des écueils sans nombre , Où l'ancre appelle en vain un port.
Les cieux obscurs n'ont plus d'étoiles :
L'abîme est prêt à m'engloutir.
Vais-je , bêlas ! en rouvrant mes voiles ,
Me sauver , ou m'anéantir ?
Mes agrès, dernière espérance,
Ils se brisent... Ah! ma constance
Vaincra l'Océan et la mort :
Ancre du salut, le courage
Peut seul ravir l'homme au naufrage ,
Et triompher des coups du sort.
NOTICE
On trouve dans les ouvrages de Guys et de Bartholdi des traductions diverses faites en prose de ce morceau, dont le texte m'a été procuré par les cahiers de M. Buchon. La leçon philosophique renfermée en ce chant nous enseigne à ne jamais nous laisser abattre par le malheur et par le danger au milieu des traverses les plus orageuses de la vie. C'est la plus utile qu'on puisse donner aux hommes ; et le poète valaque qui la met en action dans ses vers nous la présente, à la manière d'Horace, sous l'image la plus animée.