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LE JOUR DE J’AN

Gens soucieux, quittez la table :

Créanciers, n’y paraissez pas !

La gaîté franche et véritable Préside seule à ce repas.

Le verre en muins, que l’an nouveau paraisse ; Souhaitons-le propice à nos désirs.

Coulez, coulez, beaux jours de la jeunesse, Ne mêlez point la peine à nos plaisirs !

Quand le travail de la journée S’achève en toutes les saisons, Que la tâche soit couronnée

Par l'amour, le vin, les chansons !

Est-il un bien qu’ici-bas l’on connaisse

Plus doux au cœur que ces charmants loisirs ? Coulez, coulez, beaux jours de la jeunesse,

Ne mèêlez point la peine à nos plaisirs !

Puisque Dier gouverne le monde, C'est lui qui règle nos revers :

Cemptons sur sa bonté profonde Dans tous nos changements divers.

Ah! pour jamais bannissons la tristesse Au bruit roulant des échos du plaisir’!

Coulez, coulez, beaux jours de la jeunesse, Prolengez-vous au loin dans l'avenir !

AOF

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