Réduite, diminuée de deux provinces
5. Les désastres qu'a subis la nation font qu'on ne peut être tenté de nier ses fautes et ses folies.
10. Que dans les congrès diplomatiques les représentants de la France ne puissent plus être écoutés et que nous ne soyons plus considérés comme une grande nation.
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C'est une calomnie infâme et si profonde Qu'un vaincu qui la dit étonne ses vainqueurs.
Non, Franco, ne crois pas ceux qui te disent lâche, Ceux qui voudraient nier ton âme et ses efforts : Sans gloire et sans bonheur, tes fds ont fait leur tâche, 1 j Mais ils l'ont faite, et Dieu ne compte plus tes morts.
.l'ai vu de pauvres gens tomber sans une plainte;
D'autres — je les ai vus — ont combattu joyeux,
Kt, pieux chevaliers de cette guerre sainte.
Sont morts, l'amour dans l'âme et le ciel dans les yeux. 2(»
Ils ont lutté, n'étant ni l'espoir ni le nombre,
Et sans cesse détruits, et renaissant toujours.
C'est un éclair divin de cette époque sombre,
(Jue ci's martyrs voulant lours supplices moins courts.
Je les ai vus, marchant les pieds nus sur la neige, i'.'t
Succomber de fatigue et non de désespoir ; La misère et la faim leur servaient de cortège. Mais ils marchaient, ayant pour guide le devoir.
12. Vers admirablement frappé. Ceux même qui ont vaincu la France ne croient pas à tout le mal que certains Français disent d'elle.
16. En lisant ces vers, il faut s'arrêter après }fnis i/s Font faite. — Dieu ne compte pas les morts, tout i/s ont été nombreux.
19. Guerre sainte, parce qu'on y combattait pour la défense de la Patrie.
21. Tournure énergique et familière à la poésie pour : n'ayant pas d'espoir el n'étant pas en nombre.
26. Ils mouraient d'épuisement, mais ils n'avaient pas encore désespéré de la France ni renoncé à se battre.
24 CHANTS PATTilOTlUlRS
J'en ai vu qui, captifs, s'éciiappaieut cVAlliMnagne, Revenaient aux dangers à travers les dangers, 30
Et, sans revoir leurs toits, reprenant la campagne, Retombaient par deux fois aux mains des étrangers.
Ce n'était pas toujours des soldats, notre armée ! Mais j'ai vu des blessés venir, saignant encor. Reprendre dans les rangs leur place accoutumée, 3.^
Et, luttant tout meurtris, se guérir dans la mort.
J'ai vu des régiments, aux jours de défaillance.
Se porter en avant et se dévouer seuls.
Pour qu'on put dire au moins, en parlant de la France,
Que ses drapeaux étaient encor de fiers linceuls ; 40
Que nous savions encor mourir, sinon combattre. Et puis, nous n'avons pas toujours été si bas : Frœschwiller est l'assaut d'un bomme contre quaire Et de ces assauts-là les Prussiens n'en fimt pas !
33. En efîet, après les capitulations de Metz et de Sedan, nos années étaient en grande partie composées d hommes qui n'avaient aucune habitude diï métier militaire.
36. Se guérir dans la mort, expression aussi énergique que juste. Les blessés cessaient de soutTrir au moment où ils étaient tués.