CONTE DE NOËL
(Dédié aux tout petits.)
Ceci, mes cnfaais, n'est pas une fable.
Ou le rossignol qui me l'a conté
Est bien le menteur le plus effroyable
Qui du ciel sur terre ait jamais chanté :
D'ailleurs, lorsque vous m'aurez écouté, 5
Vous verrez que rien n'est moins incroyable.
(*) Ce conte a été dit par M. Co([iielin aine, do la Comédie-Française, aune des fêtes qui, chaijiie année, le jour de Noël, réunissent autour d'un sapin d'Alsace les Lorrains et Alsaciens résidant à Paris.
4. On voit que c'est en plaisantant que l'auteur a pu dire : ce n'est pas une fable.
6. Ce vers veut èlre dit légèrement et de l'air de quelqu'un qui n'est pas convaincu.
Voici donc, sauf l'air et sauf le refrain,
Ce que l'oiselet, dit en son langage :
Ceci se passait dans un bon village
Peut-être alsacien, peut-être lorrain, 10
Tous les deux peut-être, en tous cas, je gage.
Près de la Moselle et non loin du Rhin.
La nuit de Noël brillait radieuse,
Et sous tous les toits, dans tous les foyers,
Les petits enfants bénis et choyés lo
Dormaient le sommeil de l'enfance heureuse,
Non sans avoir mis d'une main pieuse
Près des. gros chenets leurs petits souliers. ■
Qu'y trouYcronl-ils?... le bon Dieu s'en doute,
Et les chers dormeurs le sauront demain, 20
Car, lorsque minuit sonnait sous la voûte.
Le petit Jésus s'est mis en chemin,
Ayant décroché pour y voir en route
Une étoile d"or qu'il lient à la main.
16. Dormir est ordinairement neutre. On ne dirait pas dormir le sommeil, mais on peut très bien dire cloniiir le sommeil de l'enfance heureuse. Bossuet a dit déjà: Dormez votre sommeil, grands de la terre !