LE CHANT DE LA CHÈVRE
La chèvre alla jouer sur la glace.
Elle tomba et se cassa le pied;
Elle dit : « Glace, tu es donc très forte ? »
— Si j'étais très forte, dit la glace, Le soleil ne m'aurait pas fondue, Elle alla près du soleil et lui dit:
— Soleil, tu es donc très fort ?
— Si j'étais très fort, dit le soleil, Le nuage ne m'aurait pas voilé.
— Nuage, dit-elle, tu es donc très fort ?
— Si j'étais très fort,
Le vent ne m'aurait pas dispersé.
— Vont, dit-il, tu es donc très fort?
— Si j'étais très fort,
Je n'aurais pu glisser par la fente du mur.
— Fente du mur, tu es donc, très forte ?
— Si j'étais très forte,
La souris n'aurait pas régné sur moi.
— Souris, dit-elle, tu es donc très forte ?
— Si j'étais très forte,
Le chat ne m'aurait pas saisie.
— Chat, dit-elle, tu es donc très fort? Le chat dit, en secouant la queue :
— Je suis fort, je suis fort, je suis le chef des forts ;
Je suis la fourrure des grands seigneurs,
Je suis la coiffure des nobles dames ;
L'été, par le village, l'hiver, près de I'âtre,
Je dors d'un doux sommeil ;
Si l'on fait pssst ! je m'envole,
Je vais m'asseoir au sommet de l'arbre.
Van,