LE CHANT DE L'EAU
Par cette montagne qui est là-bas L'eau descend et traverse le village.
Un beau brun s'approche de l'eau, Y lave ses mains et son visage ;
Il les lave, heï ! il les lave, Puis il s'adresse à l'eau et lui demande : Eau, de quelle montagne arrives-tu, Ma petite eau fraîche et douce ?
— J'arrive de cette montagne
Où il y a de la neige vieille et nouvelle.
— Eau, vers quel ruisseau t'en vas-tu, Ma petite eau fraîche et douce ?
— » Je vais vers ce ruisseau
Au bord duquel il pousse des violettes en abondance,
— Eau, vers quelle vigne t'en vas-tu, Ma petite eau fraîche et douce ?
— Je vais vers cette vigne
Dont le possesseur est le vigneron lui-même.
— Eau, vers quel jardin t'en vas-tu, Ma petite eau fraîche et douce ?
— Je vais vers le jardin
Où le rossignol chante doucement.
— Eau, quelle plante arroses-tu, Ma petite eau fraîche et douce ?
— J'arrose cette plante
Dont les racines donnent de l'herbe à l'agneau.
— Eau, à quelle fontaine t'en vas-tu, Ma petite eau fraîche et douce ?
— Je vais à cette fontaine
Où ta bien-aimée vient boire de l'eau ; Je veux embrasser son menton Et m'enivrer de son amour.
VARIANTE
— Petite eau, de quelle source arrives-tu Ma petite eau fraîche et douce ?
— Je viens de cette source
Où il y a de la neige vieille et nouvelle.
Je marche nuit et jour,
Je n'ai pas de sommeil, je veille sans trêve.
L'eau a bien aussi son bien-aimé,
Elle se dirige vers le jardin de son aimé.
— Que le jardin de ton aimé se dessèche,
Pour qu'en faisant un détour tu viennes vers notre jardin,
J'ai des roses et des grenades à arroser,
Mon basilic commence à s'épanouir,
Je voudrais les cueillir, en faire un bouquet
Et l'envoyer comme cadeau à mon absent. Eghine.