‹ Chants populaires de la Grèce moderneChapitre 100 sur 194 · LE SOMMEIL DU PALLIKARE · texte numérisé non relu

LE SOMMEIL DU PALLIKARE

A l'aurore, c’est le moment où les oiseaux, c’est le moment où les hirondelles — se réveillent et gazouillent doucement ; — et c'est le moment où les belles (aussi) font leur ramage, et disent : — « Réveille-toi, mon maitre; réveille-toi, mon doux amour, — presse contre toi ce corps (élancé ) comme un cyprès, — ce cou si blanc, ces tétins semblables à des limons.» —[ Mais il est un brave, un jeune brave, qui répond à sa belle :] — « Laissemoi, ma belle; laisse-moi prendre un peu de sommeil. — Mon capitaine πια tenu hier soir en sentinelle, — (car toujours) il me met en avant de tous, au combat; — pour que je sois tué ou fait prisonnier. — Mais Dieu m'a donné des forces : — J'ai combattu, l'épée à la main, contre vingt ou trente (ennemis }; — j'en ai tué deux (au début), quatre à l'issue : — les autres se sont enfuis; et cinq (étaient) blessés. — J'ai pris le (premier) chemin ; j'ai pris le (premier) sentier, — cherchant une ville ou un village où me reposer; — et n'ai trouvé ni ville, ni village. — Laisse-moi donc, ma belle, laisse-moi prendre un peu de sommeil.

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