LETTRE DES KLEPHTES DU VALTOS
L manque à cette chanson quelques vers de la fin, et la poésie n'en a rien de saillant. Elle n'en est pas moins très-populaire , et curieuse pour l'histoire des Armatoles et des Klephtes. L'évènement auquel elle a rapport s’est passé en Âcarnanie, à une époque que je ne puis préciser, mais qui ne remonte pas au-delà du milieu du dernier siècle. Beaucoup d'Armatoles de cette province, persécutés par suite de quelque intrigue turque, se virent obligés d'abandonner leurs postes, qui furent peut-être donnés à des Albanais, et de se retirer, en Klephtes, dans les montagnes. Forts de leur nombre, ils se réunirent pour faire un coup d'audace, ἣς adressèrent à l'archevêque de l’Arta et aux autorités civiles du pays une sommation menaçante de satisfaire à un certain nombre de demandes. Il n'y en a qu'une d'énoncée dans la partie de la chanson que je donne ; mais c'est la plus importante et la plus remarquable de toutes, Ils exigent d'être rétablis dans leurs postes d’Ar- ° 6
matoles , comme on exige la restitution d'une propniéte ou d'un privilége dont la légitimité est reconnue, C'est un indice de plus, parmi tant d'autres, pour faire voir que les Grecs considéraient le droit de porter les armes en qualité d'Armatoles, et de faire eux-mêmes la police de leurs cantons respectifs , comme un droit assuré par des conventions, et dont la violation ne pouvait être qu'un coup de force.
La chanson a été composée en Acarnanie ; c’est une de celles que l'on chante en dansant, comme l'indique suffisamment le mètre particulier dans lequel elle est écrite. ”
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