LE SOMMEIL DU PALLIKARE
1, première de ces deux pièces est agréable et d'une naïveté piquante, par ce qu'elle a d’un peu équivoque. Il s'y trouve un mot caractéristique pour lequel j'ai été obligé de me contenter d'un équivalent. C'est le mot marazi ou marazart, dérivé des verbes µαραζόω, µαρασιάζω, anciennement µαρασιαίω, et qui, dans la langue familière, désigne une personne faible, malingre, valétudinaire. Dans la chanson, cet adjectif est employé à dessein, comme nom propre. J'aurais dà, pour l'exactitude littérale, le rendre en français par un nom formé du verbe fétrir, se flétrir. Maïs celui que j'ai forgé du verbe /an- £uir m'a paru moins recherché, et tout aussi convenable à l'intention de la pièce.
La seconde chanson n'est pas sans quelque analogie avec la première, et me paraît plus agréable encore et plus originale. Mais le sujet, traité avec un certain vague, a peut-être besoin d'être un peu déterminé. Il s’agit d'un jeune Pallikare qui, engagé tout un jour dans
un combat périlleux, n'a pu rentrer chez lui que fort tard dans la nuit, et, qui, réveillé le matin par sa joie épouse, ou peut-être par sa maîtresse, est obligé de lui conter de quels périls il sort, et de quelle fatigue il est accablé. Les vers qui précèdent ce récit, en forme de prologue, sont plems de douceur, de mollesse et de grace. C'est dans le canton de Zagori, en Épire, que cette pièce se chante telle, à peu près, que je la donne ici; mais elle est bien plus dans le style des îles que dans celui du continent, et surtout des montagnes.
Quant à la pièce précédente, c'est une de celles qui se chantent à lannina, où il est plus que probable qu'elle a été composée. J'en ai vu plusieurs copies dont je rapporterai quelques variantes.
οπου ωοωωσαωώ υσαω νο ων ασος συ AD LADA AVE OA
IE
ΤΗΣ IANNOYAAZ.
» KL’ ἅπλωσε τὰ ξερόχερα ᾿σ τὸν ἀργυρόν µου χόρφον,
» Τοῦ pan νὰ πιάσης τὴν δροσιὰν, Tr’ ἀπρίλη τὰ λουλούδι,
» Na πιάσης δυὸ μικρὰ βυζιὰ ἴσια μὲ δυὸ λεμόνια. »
ἁνυουυυυωώωυ ων ο CAL VELN LTÉE VOL υ ωοοσυοω νου ὑωσσς σσ.
JEANNETTE ET LANGOURET.
Toures les jeunes filles se marient et prennent d'alertes jouvenceaux ; — et moi, Jeannette, la Jolie, (pour époux) j'ai pris Langouret; — et mon pauvre cœur languit à côté de Langouret.— Je me tiens toujours près de lui; je lui parle, il ne me parle pas; — je lui donne à manger, il ne mange pas; — (je lui donne) du vin, il ne boit pas. — Je lui fais un lit avec cinq matelas, avec cinq oreillers : — « Viens, Langouret, couche-toi; viens, Langouret, mets-toi au lit. — Étends tes mains desséchées sur mon corps blanc (comme) largent, — pour y recueillir les fleurs d'avril, et la rosée de mai; — pour y prendre deux tétins semblables à deux citrons. |