LES NOCES DANS L'AUTRE MONDE
Ma mère fait la joie; elle fait les noces de mon fils; elle va aux fontaines pour l'eau, aux montagnes pour la neige, et aux jardinières pour des pommes et des coings.
« Fontaines, donnez-moi de l'eau fraîche, et vous, jar- « diniéres, des coings et des pommes. Il m'arrivemi ami u de là-haut :
« Ce n'est pas un inconnu ; il ne vient pas d'un monde f étranger; c'est mon petit-fils le bien-aimé. »
XXIY
CHANT D'IPSYLANTI
« l^etit oiseau étranger, abandonné et solitaire, où vas- <• lu courir? où est ton abri? »
— Je n'ai point d'abri : je vais et je cours ici et là.
Sans savoir où est le repos, sans trouver où le bonbeiir habite.
Quand j'étais petit, j'avais une patrie : je vivais heureux dans des bois de myrte; j'espérais; je chantais soir et malin.
.l'avais une jeune amante que j'aimais dès mon enfance ; tout à coup un méchant épervier ravisseur a éteint devant moi la douce lumitH'e de mes yeux, et a dévasté mon nid maintenant désert.
Depuis ce temps, je vais par la terre étrangère, sans patrie et sans compagne.
J'erre au gré de la fortune ; et je porte mes ailes et mes membres fatigués où veut le vent, où me pousse la tempête.
Jusqu'à ce que j'arrive là où arrive toute chose, là où est allé tout ce que j'ai tant aimé; là où vont l'épervier et l'innocent petit oiseau.