‹ Chants populaires de la Grèce moderne, réunis, classés et traduitsChapitre 62 sur 187 · LA PERFIDIE DU CAPITAINE · texte numérisé non relu

LA PERFIDIE DU CAPITAINE

Les bons pallicares sont mis à mort par leurs camarades sans avoir en rien failli, les malheureux! Le capitaine, le chien (qu'il soit privé de sépulture !) , prend leurs têtes et abandonne leurs corps.

Ils tombent décapités à la croisée des chemins; le voyageur qui passe s'arrête et demande : « Enfants, où sont vos habits? où sont vos armes? » — Pourquoi ne pas dire : Où sont nos tètes, et pas seulement nos armes ?

Les compagnons ont pris nos armes pour en payer le tribut. Et le capitaine, le chien (qu'il soit privé de sépulture!), a pris nos tètes et a laissé là nos cadavres.

\n CHANTS K LE PU TES.

LES DEÏIX FILS DU PROESTOS

Trois oiseaux so sont arrêtés sur les hauteurs du canton de Katérini. L'un regarde Larisse, l'autre Alassone. Le . Iroisième, le plus cruel, fait sa complainte et dit : « Quelle J « est la mère? quelle est la femme de Proestos qui avait ' « deux fds? Dis-lui de ne pas les attendre et de ne pas ' (( aller à leur rencontre. La Salambrie ^ descendait le jour ' « et la nuit; et, comme des poissons marins, ils ont plongé | « dans ses eaux. » 1

Ce soir, ah ! combien j'ai eu de mal au fond de mon i cœur. Je me suis réveillé comme je l'interrogeais, et je l'ai j interrogé de nouveau.

— « Mon cœur, qu'as-tu à souffrir et à soupireV si pro- \ fondement? Tu ne portes pas de fardeau ; tu ne gravis ! point de montagne. » —

— (( Mieux vaudrait gravir la montagne tout chargé de ; plomb que d\'\voir vu ce que j'ai vu hier bien tard dans ] la soirée. Le fleuve entraînait deux frères unis dans un ' baiser. L'un avait dit à l'autre, et lui disait encore : — : û Tiens-moi, mon frère, tiens-moi bien, ne nous séparons : « pas; car, si nous nous séparons une fois, nous ne nous ^ « réunirons plus jamais. )) — \

* Proestos, président. C'est le titre du chef grec d'un district : ainsj ; se nomme aussi le député que les quarante-quatre villages du canton

de Zagori cnvoyent à lannina pour les représenter. ■

— La Salambrir, leTénéc i

,A FEMME DE COSTAS

Ce n'est point ta faute, pauvre Costaine, ce n'est point ta faute, inforinnée; mais bien celle de ta chienne de bellemère, qui t'a dit de faire ton lit, — Ma petite bru, fais ton lit dans la chambre là-haut, dans le pavillon. Costanlis doit venir pour l'embrasser. — Et, en effet, avant le jour, deux heures avant l'aube, des plaques d'argent pressent sa gorge, et des boutons de métal sa poitrine. Alors il lui sembla que c'était Zabéri; elle se lève, et jette aussi haut qu'elle peut trois grands cris.

vu LES DEUX SERVITEURS ET LEUR MAITRESSE

Ma petite lune brillante, illumine, et promène-toi pour que nous te questionnions sur deux Grecs de Grévéno ^ lis servaient une veuve turque. Tout le jour au joug; tout le soir à la chaîne. — Voyons, enfants grecs, enfants de Grévéno, faites-vous Turcs, pour jouir de la Turquie, de ses coursiers rapides et de ses lames de.Damas. — Voyons, madame la Turque, faites-vous Grecque vous-même, pour jouir de la paque avec les œufs rouges de l'Église, de la sainte lumière et du salut.

^ Grévéno, canton de la Macédoine, la Slymplialide.

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