LE RETOUR DE MAUISTEX
Malraslen a fait un rêve dans la nnit : il a rêvé que le cœur tic i^a bien-ainu'c se brise.
11 appelle ses deux petits valets et leur dit : — Levez vous et sellez mon cheval gris.
Levez-vous et sellez mon cheval gris. Je veux partir et voir comment se trouve ma bien-airaée.
Il monte à cheval, traverse la forêt et rencontre deux petites filles.
L'une portait une robe bleue, et lui dit : — Que Dieu vous garde , seigneur Malmsten. Quel chagrin vous aurez !
L'autre avait une robe rouge. Malmsten lui dit : — Qui est malade et fini est mort ?
— Personne n'est malade et personne n'est mort , excepté la fiancée de Malmsten.
Il s'avance vers le village et rencontre la morte portée dans son cercueil.
Il descend à la hâte de son cheval et va se.placer près du cercueil.
De ses doigts il lire cinq anneaux d'or et les donne h ceux qui doivent creuser la tombe, à ceux qui doivent sonner.
— Creusez imc tombe large et profonde, c'est là que nous nous promineions.
Malmsten est Ih tour à tour l'ouge et pâle. Il se frappe au n.uK, il se frappe d'un coup inorlel.
LE ÏESTAHENT.
— Où as-tu été silong-lemps, ma petite fille? — J'ai élu à Bieiine, chez mou frère. Hélas ! que je souffie !
— Que t'a-t-on donné à manger, ma petite lille? — De l'anguille rôtie et du poivre, ma belle-mère. Hélas ! que je souffre !
— Qu'as-tu fait des arêtes, ma petite fille? — Je les ai jetées aux chiens , ma belle-mère. Hélas ! que je souffre !
— Qu'est-il arrivé aux chiens , ma petite QUe ? — Leur corps s'est brisé eu morceaux, ma belle-mère. Hélas ! que je souffre !
— Que souhaites-tu à ton père, ma petite lille? — Du bon grain dans la grange , ma belle-mère. Hélas ! que je souffre !
— Que souhaites-tu h ton frère, ma petite fille ? — l'n grand navire à flot , ma belle-mère. Hélas ! que je souffre !
— Que souiiaites-tu à ta sœur, ma petite fille? — Des coffres et des écrins d'or, ma belle-mère. Hélas ! que je souffre I
— Que souhaites-tu à ta belle-mère, ma petite fille?
— Les chaînes de l'enfer, ma belle-mère. Hélas! que je souffre î
— Que souhaites-tu à ta nourrice, ma petite filie ?
— Le même enfer, ma nourrice. Hélas! que je souffre!
TAFVEL ET ADELINE.
Dans une île, ïafvcl et Adeline sa bien-aimée jouent avec des des d'or.
La première fois que les dés roulent sur la table, c'est Tafvcl qui gagne.
— Écoute, fière Adeline, ce que je veux te dire : Combien de temps resteras-tu fdie en m'attendant ?
— Je devrais, pour cela, demander conseil à mes parents ; mais je t'attendrai huit ans.
Tafvel monte sur son cheval et fait mille adieux à la fière Adeline.
Elle avait promis d'attendre huit ans, elle ne put attendre deux mois.
Tafvel quitte le rivage avec son navire. Adeline donne sa main à un marchand.
La huitième année, il se remet en mer ; la neuvième, il arrive au pays.
H amène son navire sur le rivage. Un marchand est sur la grève blanche.
— Dis-moi, riche et bon marchand, que fait Adeline, ma chère fiancée ?
— Je n'ai point de nouvelles d'elle aujourd'hui. Hier, je dormais entre ses bras de neige.
— Tafvel tire sa sombre épéc et coupe la tèlc et les bras du marchand.
Tafvel s'avance vers la demeure d' Adeline, et elle apparaît debout devant lui.
SLEDE. 217
— Dis-moi, fière Adeline, pourquoi ce lait tombe-til de ton sein ?
— C'est mon frère qui hier a voulu me faire de la peine, et qui m'a jeté de la bière sur la poitrine.
— Voilà deux choses qui ne se ressemblent pas. La i)ière est brune, le lait est blanc.
Tafvel tire sa sombre épée et en frappe la fière Adeline.
Il monte sur un cheval rouge et galope plus vite que l'oiseau ne vole.
Il galope jusqu'à ce qu'il arrive dans une île, et là il meurt de douleur.