‹ Chants populaires du NordChapitre 94 sur 110 · LE CHANT DU BERCEAU · texte numérisé non relu

LE CHANT DU BERCEAU

Dors, mon pauvre cœur, dors, oublie ce que tu as recherché, ce que tu as aimé dans le monde. Que nulle espérance ne trouble ton repos et nul rêve ton sommeil I

Pourquoi songes-tu encore h l'avenir ? que peux-tu en attendre? une plante salutaire qui guérira tes blessures? Hélas I oublie encore cet espoir. Tu as cueilli les roses de la vie, et la plante qui doit te guérir fleurit dans la terre du sommeil.

Dors comme le lis brisé par le vent d'automne; dors comme le cerf atteint par un dard , qui saigne encore dans son repos.

Pourquoi regretter les jours d'autrefois? Pourquoi te rappeler c{ue tu fus heureux? Tes beaux jours sont flétris et ta joie est morte.

Tu as eu aussi ton mois de mai ; mais il ne doit pas durer éternellement. Ne cherche pas ses doux rayons dans les ombres de l'hiver.

11 fut un temps où le bonheur était avec toi. La terre avait reverdi, les oiseaux chantaient, et de suaves parfums inondaient ton temple d'amour.

Te souvicns-lu des doux embrassements que tu as connus? Te souviens-tu du cœur ardent qui te cherchait et du baiser de la jeune fille aimée ?

Alors mes yeux lisaient dans sea yeux, et ma pensée

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se reflclait dans sa pensée. Alors , c'était le temps de veiller, ô mon pauvre cœur! Maintenant, il faut oublier et dormir.

Dors donc, dors. Oublie ce que tu as recherché, ce que tu as aimé dans ce monde. Que nulle espérance ne trouble ton repos et nul rêve ton sonnueil.

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