CHANT ISLANDAIS
Traduit, ainsi que le chant suivant , de M. Thorarensen , gouverneur d'un des districts d'Islande, mort le 25 août 1841.
Ma vieille et noble Islande, ô ma douce patrie, Reine des monts glacés , tes fils te chériront Tant que la mer ceindra la grève et la prairie , Tant que l'amour vivra dans une àme attendrie, Tant qu'au soleil de mai nos champs reverdiront.
Du sein de Copenhague, où pèse le nua^e , Nous tournons nos regards vers le toit paternel. Ne pourrons-nous bientôt revoir ton beau rivage ? Ici nous ne trouvons qu'un froid et faux langage , Ou le bruit importun , ou le rire cruel.
L'aspect de ce pays sans montagnes nous lasse; Souvent cet air épais , ce ciel lourd nous fait mal ; Même niveau partout, et partout où je passe Je cherche vainement ce large et grand espace Qu'on découvre aux sommets de notre sol natal.
Mieux vaut s'en retourner, mieux vaut revoir encore La contrée où le vent est plus froid , mais i)lus pur; Les champs couverts de neige éclairés par l'aurore, Et les flols de cristal que le soleil colore , Et les JœkuU brillants avec leur ciel d'azur.
;jl2 IMirVllONS E\ \tus.
Ma vieille et i.oblc Islande , ù nia douce pairie , (,)iie le ciel te protège et te garde la paix! l'our loi cliac'JU de nous s'émeut, espèic et prie. Puisse le so: t sonrire à la rive chérie , Puisse un bonheur constant l"aniiner à jamais !
SJGRUN.
Un jour j-^ te disais : Si tu meurs la première , Reviens me visiter. Mais tu ne croyais pis Que je pusse anaclier ton corps à la pon-siére , Baiser tes yeux éleinls , l'enlacer dans mes bras
Je ne t'aimerais pas , ma douce fiancée , Si mon amour deviiit s'arrêter au tombeau ; De ton front virginal la fr.iîcheur est passée, Mais je revois toujours ton visage si beau.
L'air vital est éteint sur ta bouclie riante , Mais un souffle éternel est venu l'animer, ¥â tu resteras jeiuie à jamiis, et charmante Comme aux jours où le peuple apprenait à l'aimer.
Ne me délaisse point dans ce lieu monotone ; Je suis seul ici-bas , ^onge à moi dans les cieux. Lorsque dnns nos rochers gémit le vent d'automne , Oh ! reviens, montre-toi quelque soir à nvs ytux.
Si la lune apparaît à traders le nuage, Et si ta main me chercha ei m'elflture en passant , Je me réveillerai pour voir la chaste im ige , Pour entendre ta voix avec un doux accent.
314 IMITATIOAS E.\ VERS.
Puis pose sur mon sein , pose ta tète blonde ,
El dans tes bras de neige, ô mon ange, prends-moi j
Enlève les liens qui m'attachent au monde :
Je voudrais élre libre et partir avec toi.
Et , traversant alors Taurore boréale , Loin des lieux où toujours je n'ai fait que gémir, Sur ces nuages d'or, teints de pourpre et d'opale, Nous irions tous les deux chanter, rêver, dormir.