‹ Chants révolutionnaires. Préf. de Henri RochefortChapitre 16 sur 106 · ABONDANCE · texte numérisé non relu

ABONDANCE

A Ferdinand Gambon, membre de la Commune.

Toute une mer d'épis ondule et les sillons Portent à la famine un défi; Tété brille, De chauds arômes d'ambre emplissent les rayons; Les blés mûrs, pleins et lourds, attendent la faucille.

Les moineaux, les mulots festinent; les grillons Poussent un chœur strident comme un feu qui pétille. La brute semble croire à ce que nous croyons, On entend tout chanter l'Abondance en famille.

Du sein de la nourrice, il coule en ce beau jour Une inondation d^existence et d^amour.

Tout est fécondité, tout pullule et foisonne!

Mais, rentrant au faubourg, mon pied heurte en chemin Un enfant et sa mère en haillons! — morts de faini! Qu'en dites-vous, blés mûrs, et qui donc vous moissonn.

Paris, juillet i883.

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