LA SCIE ET LES BUCHES
Au citoyen Achille Leroy.
Mords-les tous de tes dents d^acier, Encore une bûche à scier.
Entre, ma scie, en ces bois décharnés, C'est tout Bondy, la foret des embûches; Ce gros amas d'arbres déracinés Est devant toi pour en faire des bûches.
Voici le Dogme, un chêne aux mille bras, • Qui cent mille ans ht la nuit sous ses branches. De l'homme inerte il obstrua les pas, Cachant l'espace et les étoiles blanches.
Voici le Trône aux mousses de velours; L'oiseau de proie y cachait ses tueries. Brûlant le nid pour chasser les vautours, On mit la torche aux vieilles Tuileries.
Ce bois noueux, c'est la Propriété.
Un conquérant plantant cette imposture,
Il dépouilla Tesclave garrotté
Des dons gratuits que nous fait la nature.
Mords-les tous de tes dents d'acier, Encore une bûche à scier.
Paris, octobre 1881.
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