BOILEAU
(1) Quinault élait mort en 1088.
(2) Secrétaire en 109/i, à la mort de La Chapelle. (i)c Duze,- I, p. 7.)
468 CUAPELAIN ET NOS DEUX IMlEMItUES ACADÉMIES
P. RAINSSANT
1690, — Jacques de Tourreil.
1090. — L'abbé BIGNON.
Sauf les quelques vicies que la mort fit clans l'intervalle, cet ordre subsista jusqu'en 1701. A cette époque, la petite Académie devint V Académie des inscîiptions et médailles. Elle reçut alors, une organisation nouvelle, fort différente de celle qu'elle avait eue jusque-là. Comme l'Académie française, son aînée, elle allait compter quarante membres dans son sein.
CHAPITUE X\
Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. {Suite.) — Règlement du 16 juillet 1701. Ce règlement préparé par l'abbé Bignon. — La petite Académie reçoit le titre d'Académie royale des Inscriptions et Médailles, 1701. — Nombre de ses membres porté à quarante. Ils sont partagés en quatre classes : honoraires, pensionnaires, associés et élèves. Leur mode de nomination. — L'Académie des Inscriptions et Médailles prend lo titre définitif d'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres. Arrêt du Zi janvier 1716. Modifications survenues en 1716. — Les vétérans. — Arrêt du 23 mars 1716. — Changements opérés depuis la Révolution jusqu'à nos jours. — Règlement du î6 mai 1830. — Secrétaires perpétuels. Ordre de leur succession.
Malgré les services rendus à Louis XIV, à Colbert et ti Louvois, la petite Académie demeura longtemps encore une simple commission des inscriptions et devises, une espèce d'institution privée, sans caractère ofliciel ni existence légale. Elle dut attendre jusqu'en 1701, avant de devenir pour la France ce qu'elle a été depuis, « un sénat des lettres savantes (1). »
Nous lisons le passage suivant dans VAn7iuaire des Sociétés savantes de la France et de ï étranger (2) : « L'Académie royale des Liscriptions et Belles-Lettres fut établie en 1663, par Colbert. Elle ne fut connue pendant
(1) A. Maury, p. 38.
(2) 1 vol. gr. in-8°. Paris, Masson, 1846, p. 2.
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assez longtemps, que sous le nom de Petite Académie, que lui avait donné l'édit d'institution de Louis XIV (1), parce qu'elle ne se composa d'abord que de quatre membres (2) pris dans l'yVcadémie française. Dans l'origine, les travaux de celte réunion se bornèrent aux dessins des tapisseries du roi, aux devises des jetons du trésor royal, etc. C'est seulement en 1701, qu'elle a reçu une constitution par les soins de M. l'abbé Bignon, et qu'elle a été spécialement chargée de cultiver les Belles-Lettres, d'expliquer les anciens manuscrits, et de consacrer les événements de la monarchie par des inscriptions, des médailles et des jetons. »
D'après la constitution de 1701, préparée par l'abbé Bignon et appiouvée par le roi, le petit conseil allait devenir désormais une assemblée considérable. Son lèi^lcment était emprunté, partie à l'Académie française, partie à l'Académie des sciences qui avait reçu le sien deux ans auparavant, en 1699 (3).
Comme sa sœur aînée, la Compagnie allait avoir aussi quarante membres. Il y avait une dilTérence; les nouveaux quarante étaient partagées en quatre catégoiies : dix honoraires, dix pensionnaires (/i), dix associés et dix
(1) De quel édit veut-on parler ici? Nous ne l'avons trouvé nulle part.
(2) Nous croyons avoir montré plus haut qu'il y eut cinq membres au début, dès 1GG3; p. 408.
(3) Voy. ce règlement publié in extenso par M. L. Aucoc, p. Ll. Lois, Statuts et Règlements concernant les anciennes Académies et rinsiitiit, de. 1C35 à 1889. 1 vol. gr. in-8°. Paris, Imprim. nat., 18S9.
(il) Directeur, sous-directeur, secrétaire et trésorier sont choisis parmi \cs pensionnaires.
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élèves. C'était \k comme divers degrés à fivinchir avant l'admission définitive.
Les honoraires, disait le règlement, devaient s'être distingués « par leur érudition dans les belles-lettres et leur intelligence en fait de monumens (I). »
L'élection demeurait le mode de recrutement pour la classe des honoraires, des pensionnaires et des associés. Seulement, l'Académie devait élire deux candidats pour chaque place vacante : le roi était libre de choisir l'un des deux élus.
On prenait les pensionnaires parmi les associés et les élèves. Mais les élèves étaient à la présentation de chaque pensionnaire. « En cas de vacance, le pensionnaire indiquait à la Compagnie le jeune homme qu'il entendait se donner pour collaborateur; si le choix était agréé par ses confrères, le nom du candidat était soumis à l'approbation de Sa Majesté (2). n
Comme pour se montrer digne de sa nouvelle fortune, l'Académie royale des Inscriptions et Médailles voulut avoir un grand nombre d'officiers. L'Académie française s'était contentée de trois : un diiecteur, un chancelier et un secrétaire perpétuel. Elle s'en octroya libéralement le double : elle eut un président, un vice-président, un directeur, un sous-directeur, un secrétaire perpétuel et un trésorier.
Les séances durent se tenir le mardi et le vendredi, de
(1) Art. III, du règlement de 1701.
(2) A. Maury, p. 25. — Sur ce mot^o d'élection, ses inconvénients et SCS avantages, voy. ce môme ovivrago, pp. 25 et suiv.
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trois heures h cinq heures (1), au Louvre, dans un local qui lui était particulier. La fille de l'Académie française, comme l'appelle M. Maury, finissait par se séparer entièrement de sa mère.
Tout en conservant à l'Académie ses anciennes attributions, le règlement de 1701 lui en donnait encore de nouvelles. « Outre les ouvrages auxquels toute l'Académie pourra travailler, y est-il dit, chacun des académiciens choisira quelque objet particulier de ses études; et, par le compte qu'il en rendra dans les assemblées, il tentera d'enrichir de ses lumières tous ceux qui composent l'Académie et de profiter de leurs remarques. »
« L'Académie s'appliquera incessamment, est-il dit dans un autre article, à faire des médailles sur les principaux événemens de Thistoire de France sous tous les règnes, depuis l'origine de la monarchie, et à composer les descriptions historiques desdits événemens par rapport auxquels les médailles auront été faites. Elle travaillera encore sans délai à l'explication de toutes les médailles, médaillons, pierres et autres raretés antiques et modernes du cabinet de Sa Majesté, comme aussi à la description de toutes les antiquités et monumens de France (2). »
Un autre article allait faire de la petite Académie des médailles la grande école de l' érudition française. « Elle continuera de travailler, disait l'article 20, à tout ce qui regarde les dits ouvrages, tels que sont les statues,
(1) Art. XIV du règlement.
(2) Art. XVIII et XIX du règlement.
les mausolées, les épitaphes, les médailles, les jetons, les devises, les inscriptions d'édifices publics et tous autres ouvrages de pareille nature. Elle veillera à tout ce qui peut contribuer à la perfection de ceux qui se feront, tant pour l'invention et les desseins que pour les inscriptions et les légendes, comme aussi à la description de tous ces ouvrages faits ou à faire, et à l'explication historique des sujets par rapport auxquels ils auront été faits. Et comme la connoissance de l'antiquité grecque et latine, et des auteurs de ces deux langues, est ce qui dispose le mieux à réussir dans ce genre de travaux, les académiciens se proposeront tout ce que renferme cette espèce d'érudition, comme un des objets les plus dignes de leur application. » M. Maury, dans son Histoire de l'Académie des Inscriptions (1), a inséi'é cet extrait du règlement de 1701. Mais, pour un texte de loi, la citation est fort libre, sans grande conformité avec le texte publié jadis par de Boze.
La classe des pensionnaires se devait entièrement à la Compagnie. Ceux-ci étaient chargés de fournir les travaux, mémoires, rapports, capables de faire honneur à tout le corps. H n'était permis à personne, pensionnaire, associé ou élève, de manquer plus de deux mois, sans autorisation du roi. Seule, la classe des honoraires n'était pas rigoureusement tenue à cette assiduité.
Les réunions étaient suspendues pendant les vacances.
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J^^lles commençaient le 8 septembre, et finissaient le H novembre à la Saint-Martin. De plus, dans le courant de l'année, il y avait d'autres congés de longueur raisonnable : ainsi, il y avait vacances pendant la quinzaine de Pâques, la semaine de la Pentecôte, et depuis Noël jusqu'aux Rois (I).
Une ordonnance du roi, dit M. Maury (2), désigna ceux qui durent former le premier cadre de l'Académie des Inscriptions ainsi composée. Mais est-il bien exact de parler « d'ordonnance » à ce sujet? De Boze n'en dit rien. Il se contente de citer dans son Histoire^ tout de suite après le règlement de 1 70 1 , la lettre écrite par Jérôme de Pontchartrain (3) cà l'abbé Bignon. Cette lettre explique avec précision ce qui précède; elle est fort importante et semble avoir tenu lieu d'ordonnance. Nous la publions en entier, sans aucune suppression. « Le Pioy, écrit Pontchartrain à l'abbé Bignon le 16 juillet 1701, désirant continuer à donner des marques de son affection à l'Académie royale des Inscriptions, et lui témoigner la satisfaction qu'il a du travail auquel elle s'est appliquée jusqu'à présent, a bien voulu lui accorder le règlement que je vous envoyé, par lequel elle se trouve plus autolisée qu'elle n'a été, et reçoit une forme plus noble et plus stable. Sa Majesté m'a chargé de vous marquer qu'EUe vous confirme, en tant que besoin est, en la
(1) Art. XVI du règlement. — Aujourd'hui, l'Académie des Inscriptions ne prend plus de vacances.
(3) Jcri'nni; dc Pontchartrain, fils du chancelier.
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qualitô d'académicien honoraire, et qu'Elle a choisi pour rempHr les autres places d'honoraires neuf personnes de distinction à chacune desquelles j'ai écrit par son ordre; qu'ElIo désire que Vous restiez Présidf.int (1), pour le cours de cette année et pour la suivante, et qu'Elle a nommé M. l'abbé de Cauraarlin ViCE-PRt'siDEiNT, pendant le même temps.
« Pour les places de pensionnaires, Sa Majesté conserve, en tant que de besoin, MM. Charpentier, l'abbé Tallemant, Despréaux, de Toureil, l'abbé Renaudot, de la Loubère, Dacier et Pavillon ; et nomme pour les deux autres places MM. l'abbé Boutard et Félibien : M. Despréaux, Directeur; M. de Toureil, Sous-Directeur, pour cette année et la suivante; M. l'abbé Tallemant, Secrétaire, et M. Félibien, Trésorier.
« A l'égard des places d'associés. Sa Majesté a choisi dix sujets d'une érudition singulière, à chacun desquels j'ai écrit suivant ses ordres.
« Pour les places d'élèves. Sa Majesté m'a ordonné de vous recommander d'en faire faire incessamment la nomination à l'Académie.
« Je vous prie de dire à MM. les Académiciens en général, et à tous en particulier, que je suis très aise que le roi m'ait chargé de l'expédition de ce règlement, que j'ai dressé avec plaisir et avec une intention très sincère de rendre mes services dans les occasions à cette Aca-
(1) L'abl)(!; Jean-Paul Bignon, le premier président de l'Académie des Inscriptions, était né à Paris en 1GC2; il mourut en 17^3.
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demie que j'l)onore parfaitement... A Versailles, le 16 juillet 1701 (1). »
De Boze donne ensuite le nom des divers membres composant cette première liste : lionoraires, pensionnaires, associés et élèves. On nous permettra de la placer ici. Ce tableau n'est pas sans utilité : il nous fait comprendre clairement l'organisation établie en 1701, et qui a subsisté, sauf quelques modifications légères, jusqu'à la Révolution.
Voici la liste des Académiciens honoraires nommés par le roi, outre l'abbé Bignon, président, et l'abbé de Cau- MARTiN, vice-président.