ACTE DEUXIEME i
tin... Je n'ai pas pu y travailler une minute, aujourd'hui... J'ai eu tant d'émotions!... Figurez-vous que Sophie, ma fille, qui a douze ans à peine, a passé, ce matin, à l'hôtel de ville, son examen pour le certificat d'études... Elle a été reçue avec félicitations du Jury. C'en est un bonheur pour moi !... Cette pauvre enfant, pensez ! J'en pleurais de joie... A présent, nous voilà sorties de la misère... Toutes les carrières lui sont ouvertes... On me la demande de partout... Madame Fichurol, une grande couturière du faubourg Saint- Honoré la voudrait chez elle... Mademoiselle Moïse, une des premières modistes du boulevard Saint-Germain, lui fait des propositions superbes... mais, vous pensez bien qu'elle n'a pas passé ses examens pour entrer chez une couturière, ni chez une modiste... Ma fille, faire des robes, comme sa mère ?... jamais de la vie!... (S'arrêtant de travailler. —Avec orgueil.) Ma fille entrera au Conservatoire et elle ira au théâtre!... Car, vous ne vous imaginez pas les dispositions qu'elle a !.'.. Elle sait par cœur Victor Hugo, Alfred de Musset, Casimir de Lavigne... Et Ponsard !... (Reprenant son travail.) Ah !... que je me dépêche, pour aller la retrouver chez son oncle, où elle dîne!... (On frappe.) Entrez!...