‹ Charades en action pour salonChapitre 145 sur 214 · SCENE UNIQUE · texte numérisé non relu

SCENE UNIQUE

MOLIÈRE, TOINLTTE.

molière, un rouleau de papier à la main. Or çà, Toinette, viens t'asseoir céans, dans mon cabinet.

toinette, embarrassée.

Comment? mon maître! Vous, le grand MO- LIERE, vous voules que je m ''asseye sur un fauteuil... dans votre cabinet ? Mais je ne suis que votre servante !

MOLIÈRE

Sans doute; mais es-tu femme, oui ou non?

248 MOLIERE

toinette, ingénument.

Oui, mon maître.

MOLIÈRE

Eh bien! si tu es femme, servante ou grande dame, peu importe ! Tu as des oreilles pour écouter et un cœur pour éprouver des sentiments...

toinette, étonnée, à part.

C'est la première fois que mon maître me tient un si beau discours...

molière, continuant.

Si tu es femme, tu es bien un peu coquette?... Cela me suffit...

toinette, s' asseyant, à part.

Est-ce qu'il perdrait ses esprits?

MOLIÈRE

Donc, Toinette, assieds-toi céans et m'écoute sans bruit...

toinette, se levant.

Attendez un peu, je vous prie, mon maître, que j'aille écarter le fricot du feu! {A part.) Quelle drôle de chose que celle-là...

MOLIÈRE

Va, ma fille! il ne faut pas que l'art des belles-letires gâte chez nous celui de la cuisine... Ils ont tous deux des droits à nos respects... Va mettre ton fricot à l'écart du feu et reviens vite!... [Toinette sort .) — Oui, je veux dire à ma servante un passage du Malade imaginaire que je viens de terminer, pour juger sur elle de l'effet des compliments. Et, encore que la fille ne soit que servante, je pense que c'est là une besogne

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