SCENE III
MONSIEUR DE FON ILLE, seul, s' installant
dans un fauteuil .
Tiens!... tiens!... Gervais pâtissier, lui, un fort en thème et en vers latins!... Qui nous aurait dit cela, quand nous étions ensemble au Lycée Henri IV,
G AMIDON
il y a vingt-cinq ans ! Car, nous sommes de vieux AMIS, et, à vrai dire, je l'avais complètement perdu de vue... Ah ! c'est curieux... Ou plutôt non ; c'est vrai... Il avait déjà des dispositions... Je me souviens que ses cahiers et ses livres étaient toujours chamarrés d'encre et remplis de pâtés... M. Mèchefolle, notre professeur de sixième, lui disait déjà à cette époque : Vous feriez un bon pâtissier... Il prédisait juste... Depuis, nous avions été jetés à l'opposé du globe ; quand, l'autre soir, je rencontre un individu en contemplation devant l'étalage de Potel et Chabot. (A présent que j'y suis, je me rends compte ; il prenait des notes...) Je médis: mais c'est Gervais !... Effectivement, je l'aborde : Bonjour, Gervais !... — Tiens ! Fonville !... Nous nous jetons dans les bras l'un de l'autre et l'étreinte a, paraît-il, été si chaleureuse, qu'un sergent de ville, qui passait, voulait nous conduire au poste... Il croyait que nous nous colletions... — Alors, je lui ai promis de revenir le voir: mais j'ignorais...