ACTE FINAL
de mon pays, fabricant de bas écrits... Oh! quelle chute!... quelle chute!...
madame boussingot, se levant en colère.
Voilà... voilà le résultat!... Faites donc donnera vos filles des leçons de piano, à quinze francs par mois; apprenez-leur la musique classique; laissezleur chanter les romances sentimentales de Paris, pour qu'elles arrivent à ce beau résultat, de vouloir épouser des dandys, faire de la poésie et du sentiment, « laisser parler leur cœur... » [Sévèrement.) Si ton cœur parle, ma fille, fais-le taire !... — Moi, je l'ai écouté, mon cœur... et tu vois où j'en suis arrivée... à vendre des barres de savon et de la mélasse dans une boutique d'épicerie... [A part,) où, à la vérité, j'ai fait fortune.
Joséphine, câline.
Que veux-tu ? ma petite mère chérie, on peut bien se marier selon son cœur, sans tomber dans la mélasse.
MADAME BOUSSINGOT.
Soit; nous allons le voir, ton Parisien... Il doit venir, aujourd'hui, me rendre visite...
Joséphine, se levant brusquement.
Lui? M. Chicandard? Te rendre visite! — Ah! mon cœur ne m'avait pas trompée... Mon cœur me l'avait dit... [Avec exaltation.) Oh! être, un jour, la femme d'un Parisien!. ..Quel bonheur!. ..Quel rêve !...
MADAME BOUSSINGOT.
Il est joli, ton rêve... Un monsieur qui parle comme le personnage de la pièce que nous avons vue, hier... Thomas... Diafoirus...
JOSEPHINE
Comment? Tu sais bien qu'au contraire on ledit charmant et spirituel au possible... Du reste, quand nous sommes allées à Paris, en train de plaisir, il y a un an, alors que tu n'étais pas retirée dès affaires, nous l'avons bien vu, chez tante Eulalie... Tu as dit toi-même : Oh! quel beau parti ce serait pour ma fille...
MADAME BOUSSINGOT.
C'est que je ne le connaissais pas...
On annonce M. Chicandard.
Joséphine, à part.
Lui!... Quel bonheur!...