N8 CHARLEMAGNE
\u ivlour, il s'arrête à Worins , cité déjà coasidénikk\ Il \ ciiail de s'établir dans cette résidenei^ , en TauiuV 790 , espérant y célébrer en paix les fttes lie Xo(*l et celles de Pâques , lorsqu'elle fut dévastiV par un incendie. Quelle triice est aujourd*hiii ii^ét* du vaste palais d'Attigny sur l'Aisne, dans noliv Clianipajpie ? C'est là qu'en 785 le Saxon Wilikiad« doux fois pourchassé par Charleinagnc, \ int s'incliner de\^nt rin>incible chef des guerriei's francs, cl, en recevant l'onde lustrale du baptême, siHlir do la gi*ande ghilde^ des nations barbares pi>ur Si* faiiY initier à la société nouvelle. C'est là que Lt>uis le Débonnaire, ayant proscrit tous les fils do SOS fivi*es, doit un jour venir s'accuser de cet evcés do prudence devant les évoques, et leur demander à Toxpier par une pénitence publique.
Il > avîùl encore un palais à Francforl-sur-le- Mein , et Charlemagno convoquait dans cette ville , (M! l'année 794, et l'assemblée générale de la nation et rassemblée d'évêques qui condamnait la doctrine de Félix dTrgel. Il résidait, en 777, dans le chà- Umu d(» Paderborn, quand il y reçut le Maure SolinicUi-al-Arabi , arrivant d'Espagne avec son fils Joseph et un nombreux cortège d'autres p^rsonnages de sa religion , ])Our offrir au roi des Francs
1. Association , fédération. Voy. sur lesghildes germaines les pièces justificatives du tome I" des Récits des temps mérovinijiens (îe M. A. Thierrv.
de lui livrer les villes confiées à sa garde. Le roman fait jouer ce rôle au traître Ganelon. Solimanal-Ârabi ne trahit pas Charlemagne , mais le roi des Sarrasins. La proposition qu'il venait faire devait convenir au vaillant soldat du Christ. Charles conduisit le chef musulman de Paderborn à Douzy, dans les Gaules, auprès de Sedan, le traitant avec honneur, Tadmettant partout à sa table, et se dirigeant en sa compagnie vers la frontière d'Espagne. A Douzy, le roi des Francs célébra les fêtes de Noël ; il célébra celles de Pâques à Cassineuil, dans TAgénois, et aussitôt après il franchit les Pyrénées. Ou sait quelle fut la fin de cette expédition , comniencée sous les plus heureux auspices. Charles rentniil en France, ayant conquis Sarragosse cl rasé Panjpelune, quand, au retour, les Gascons assaillirent son arrière-garde, la mirent en pièces, et se dispersèrent ensuite dans leurs niontagnes, s'élant rendus maîtres de toutes les richesses ravies par les Francs aux Maures espagnols. Roncevaux î Roncevaux ! rochers teints du sang de notre belle jeunesse, la légende vous a consacrés à jamais, et vos tristes échos nous renvoient encore les dernières plaintes de Roland, les derniers sons de su trompe guerrière, trop tard entendus parle roi!
Charles lit encore de fréquents séjours au palais de Thionville. Il Thabitail en 773, quand le pape Adrien, ne pouvant supporter plus longtemps les
mauvais procédés de Didier, roi des Lombards, envoya des ambassadeurs à Charlemag^e, lui de* mandant sa protection. Le chef de cette ambassade était un Romain, nommé Pierre. Comme il ne pouvait traverser l'Italie, dont les Lombards gardaient tous les chemins, il vint par mer jusqu'à Marseille, et de là se rendit à Thionville. 11 fallait que le seigneur pape fût dans une situation bien désespérée pour envoyer un de ses légats, par mer, de Rome à Marseille! Un tel voyage semblait aux compagnons de Charlemagne la plus considérable des entreprises qu'un homme put tenter. « Ainsi , .dit le poète saxon, racontant ce voyage, ainsi l'Océan soulevé par la tempête offre quelquefois moins de périls que le cœur des hommes agité par les orages de la colère*. M Charlemagne, admirant le courage de Pierre, lui fil un excellent accueil. Ayant ensuite convoqué dans son palais les principaux d'entre les Francs', il leur exposa la fâcheuse situation du pape, et leur déclara qu'il lui semblait bon de traverser les Alpes et d'aller donner une grande leçon aux perfides tyrans de cette noble Italie. A cet avis, ils souscrivirent d'une commune voix. Charles revenait encore au château de Thionville en l'année 782, après avoir ordonné de massa-