‹ Charlemagne et sa cour: (742-814)Chapitre 38 sur 89 · Des faits et gestes , livre I · texte numérisé non relu

Des faits et gestes , livre I

chère à la nation qu'au roi. C'est ce que Paul Diacre exprime en ces termes : « Le Franc, le Suève, le Germain , le Breton lui-même, le Gète et l'Ibère pleurent ton trépas. Entends gémir le riverain de la Loire, et l'Italie, et Rome elle-même, que la nouvelle de ta mort a remplie d'une grande inquiétude. Les cœurs des plus fermes guerriers sont tristement émus , et voici que des larmes tombent sur les armes et les boucliers. >» Elle fut , de .son temps, la bonne reine.

On la regretta bien plus encore quand Charlemagne l'eut remplacée par l'altière Fastrade , fille du comte Rodolphe, de la race des Germains.

Après la mort d'Hildegarde , Charles était allé faire une course chez les Saxons, et il rentrait à Worms, ayant pour triomphal cortège une armée lasse de carnage et chargée de butin , quand Fastrade lui fut présentée. Elle lui plut ; il la prit pour femme , et passa l'hiver avec elle dans le château d'Héristal^ L'abbé Smaragde, dans son commentaire inédit sur Donat, nous apprend que ce nom de Fastrath est un nom patronymique , qui signifie ferme conseil^. La fille du comte Rodolphe était douée d'une grande fermeté , mais elle fit de cette vertu le plus détestable usage. On ne la connaît que par son

Page 1