ARTHUR D'ANGLETERRE
ARTÎHR D'ANGLETERRE.
CHANT PROVENÇAL
Adieu, cruefle Béatrix,
Adieu, cour d'amour de Provence;
Je vais au loin chercher le prix
Que l'on refuse à ma constance.
Ainsi répète avec émoi
Le bel Arthur, roi d'Angleterre :
Car l'amour régnait sur un roi,
Alors comme sur un trouvère.
Arthur avait offert sa foi.
Son amour, son trône et ses armes :
Mais Béatrix refuse un roi, Malgré sa puissance et ses larmes.
Elle adorait un troubadour, Un jeune chanteur de Sicile.
On sait bien que jamais l'amour Sur les rangs ne fut difficile.
C'est en vain que dans les tournois Arthur brille par son adresse ; Que l'on admire ses exploits, Ses blonds cheveux et sa jeunesse.
11 redit dans son déplaisir :
« Puis-je supporter l'existeirce?
a N'ai pas encor de souvenir K Et déjà n'ai plus d'espérance. »
Bientôt une sombre langueur Le consume et le décolore :
Il s'affaiblitj il tombe, il meurt.
Ce lis à sa première aurore!
Beaucaire l'a vu se flétrir, On y chante encor sa romance :
<( Je n'eus jamais de souvenir « Et n'ai pas connu l'espérance. •»