À VOUS
« Faites connaître l'issue de l'affaire à Chasles si vous le rencontrez, ainsi qu'à Babou, Morel, etc., à l'occasion.
» P. S. — Il est probable que je serai mercredi soir à Paris.
» Oui, cette leçon vaut un grave sermon et même un fromage.
» Mais maintenant que nous avons un moment de calme, je ne pense plus qu'aux épreuves Gautier qui traînent d'une façon effroyable et nous gênent horriblement.
» Concluons ! Concluons !
» Je n'attends que leur retour pour prendre le c liera in de fer.
» Nous avons fait hier un dîner du baron d'Holbach
(i)Le portrait dont nous avons parlé p. i3i-i3a,et qui est aujourd'hui au Musée de Montpellier.
avec Saint-Albin, Lacombe, Chennevières, Dussieux, Hamel, où il n'a été question que de Dieu, du Pape, de Mirabeau et de vous, homme glorieux.
» Malgré la cocasserie que vous apportez dans ma chétive existence, je vous serre la main parce que
» L'amitié d'un grand homme est un bienfait des dieux.
» A la semaine prochaine, j'espère,
» A. P. Mal assis. »
3o septembre 1859.
LETTRE DE M. L. REYWARD (i)
Paris, 7 septembre 1859.
« Monsieur,
» Mon ami et le votre, M. Alfred Delvau, a bien voulu me donner une lettre de recommandation pour vous. J'aurais voulu vous la remettre personnellement ; mais puisque, malgré tous mes désirs, cela n'est pas possible, je prends la liberté de vous l'adresser, si démesurément flatteuse qu'elle soit.
» Le travail dont il vous parle consiste en une série d'études d'un projet dans lesquelles l'influence des Fleurs du mal joue un rôle important. Votre livre, Monsieur, est un de ceux qui m'aient le plus préoccupé, et je crois que la trace qu'il a laissée dans mon esprit ne s'effacera jamais. Il était donc juste que ces ('tudcs vous fussent déliées et j'ai mis votre nom en tête de mon travail.
(1) Communiquée par M. Albert Ancclle.
fi:>,2 CHARLES BAUDELAIRE
» Je serais. Monsieur, heureux si vous vouliez bien \ jeter les yeux, et si elles vous plaisent, que vous m'aidiez dans l'œuvre si difficile de la publication.
» C'est pour vous les remettre et surtout pour vous voir que je voudrais vous rencontrer. Si donc vous preniez un quart d'heure sur votre vie pour me recevoir, vous obligeriez, Monsieur, un de vos frères en souffrance morale et votre sympathique
» L. Reytïàrd (i). »