‹ Charles BonnetChapitre 91 sur 99 · DISCOURS SUR L’AMITIÉ · texte numérisé non relu

DISCOURS SUR L’AMITIÉ

HS NOTICE

C’est le xvrrr° siècle qui selon certaines apparences, aurait réhabilité le sentiment et les passions nobles — Louis de Sacy, en 1702 écrivit un « traité de l’amitié », et la marquise de Lambert en traita vers 1743. En 1755, un an après la publication de son premier ouvrage philosophique, 1’ « Essai de Psychologie », Bonnet dicta à Mlle Marie de la Rive (à qui il le destinait), le « Discours sur l’Amitié » ;

il avait alors trente-cinq ans, et il épousa cette jeune patricienne peu de temps

‘après, le 30 mai 1756.

& Il ne recherchait point l’énivrement d’un bonheur romanesque, peu en harmonie avec sa droite raison, écrit Lemoine dans son étude, mais un bonheur sûr et véritable, tel que ie donne l'accomplissement de devoirs sérieux et l’échange de sentiments durables » (op. cit. p. 141).

Le « Discours sur l’Amitié » indique assez le ton des relations entre les deux jeunes gens : le savant infirme et cérébral et la jeune fille du pieux magistrat, sacrifiant sa vie à soulager la vieillesse de ses parents, puis vouée à une fausse couche immédiate, source d’une langueur définitive. 3

Ce « Discours » est l’unique document qui nous permette de connaître Bonnet « galant » (si l’on peut dire !) et présente à ce titre un intérêt particulier.

T1 est aussi un complément, non seulement à l’étude de sa morale, mais aussi

à celle de son caractère, où l'amitié tint une place qui nous semble exagérée de

nos jours car les amitiés y sont souvent des coalitions ; il nous décide à considérer comme sincères les protestations brûlantes et parfois bizarres d'amitié qu’on pourrait attribuer seulement à cette zrande diplomatie dont leur auteur n’était “point dépourvu, ou encore À l’urbanité qui était de ton à l’époque.

J1 est à déplorer que cette dissertation comme tant d’autres, soit demeurée inachevée, comme nous l’apprend cette note placée à la fin du manuscrit :

__ - « L’auteur n’avait point d’abord couché ce discours sur le papier ; il ne l’avait.

écrit que dans son cerveau, et ce ne fut qu'après l’y avoir gardé pendant plusieurs mois et l’avoir réeité à quelques amis qu’il commença à le dicter à celle à qui il était adressé ; mais ayant été interrompu dans sa dictée, ce discours s’effaça enfin de sa mémoire et n’ayant pu longtemps après s’en rappeler la suite, il a été forcé de le laisser très imparfait. Il était plus étendu et l’auteur, si plein de son sujet, achevait d'y cravonner le tableau des biens que procure l’amitié ».

Ce chapitre n’est done qu’une esquisse mais qui précise un peu la psychologie

des sentiments esquissée dans 1’ «€ Essai analytique »,

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