VIII INTRODUCTION
rendre compte nous-mêmes, n'en sont pas moins appris successivement, après un grand nombre de tâtonnements divers. C'est ainsi que Tentant n*apprend à marcher qu'après un Ittng espace de temps et de nombreuses tentatives. L'intermédiaire qui sert de communication entre l'âme et les organes du corps est, suivant Stahl, la tonicité ou Ja force de tension qui réunit les diverses parties de notre organisation. Cette tonicité avait beaucoup d'analogie avec l'irritabilité de Glisson (1579-1672), développée aussi par Hoffmann (1660- 4742), et plus tard par Albert de Haller. Il appliquait d'ailleurs ses idées aux végétaux aussi bien qu'aux animaux. Stahl dut encore plus de célébrité à son système de chimie qu'à sa théorie de l'âme. Dans un traité qu'il composa sur le soufre (1718) et dans un autre tnrité intitulé : Experimentationes , observationes , animadverstones 300y physicœ et chimicœ, il admit un principe général qu'il appela le phlogistique et qu'il considéra comme le premier élément du calorique, élément au moyen duquel s'opère toute combustion. Suivant cette hypothèse, la combustion n'était autre chose que le dégagement de cet élément particulier qui, lorsque la chaleur se développe, abandonne les corps avec lesquels il était intimement combiné. Cette théorie eut de nombreux partisans et régna exclusivement jusqu'à celle de Lavoisier. Mais on formait déjà, du temps de Stahl lui-même, une puissante objection contre ses vues sur le calorique qui eût dû en faire tomber tout rédifice, car il n'avait pas échappé à plusieurs chimistes, entre autres à Jean Rey, à Mayow^ et à Boy le, que la calcination des métaux par la chaleur augmente leur poids au lieu de le diminuer. Dès lors comment existerait-il un élément appelé phlogistique , qui abandonnerait les corps en combustion, si précisément ces corps pèsent davantage ? Ce* pendant, et malgré ce fait décisif, la théorie de Stahl subsista pendant un deipi- siècle^ tant les hypothèses et les