‹ Charles d'Ellival et Alphonsine de Florentino (volume 3)Chapitre 9 sur 9 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

A LA lellre anonyme, éloit jointe la (léclaralion si tendre que le com le Charles avoil copiée pour sa cousine Leopoldine d'Ellival , le jour où il l'avoit trouvée occupée d'un rôle qu'elle devait jouer.

Dès que Victorine eut lu la lettre et la déclaration , elle fallit à s'évanouir. Reprenant cependant ses esprits, elle court chez son frère, le trouve seul, et lui montre, toute tremblante , le paquet que l'on venoit de lui remettre. Le baron avoit eu occasion de voir quelquefois de l'écriture de Charles ; il en avoit reçu plusieurs billets. A peine a-t-il jeté les yeux sur la déclaration, qu'il pâlit; il veut cependant douter encore de l'inconstance de

ET ALPilONSINE DE FLORENTmO. iGj

Charles ; il examine avec allcnllon l'ecrllure ; mais plus il la regarde , plus il se confirme dans l'idée que c'est celle du jeune comte. Il embrasse sa sœur ; il lâche de la consoler , mais il fait entendre inutilement la voix de l'amitié la plus dévouée. \ iclorine immobile, toute en larmes , et livrée au chagrin violent qui vient de s'emparer d'elle, regarde son fi'ère avec tendresse , ftiâis avec l'abattement de la douleur sans espoir.

Sanlangélo relit la déclaration et la lettre. Cette déclaration paroit dictée par un amour brûlant , mais elle est bien vague. Comment celle à qui elle a été adressée se seroil-clle déterminée à l'envoyer ? et comment une autre femme auroit-elle pu l'avoir? Toutes les démarches de Charles sont connues de sa famille et de ses amis; ses principes ne le sont pas moins ; il n'auroit témoigné un amour aussi vif qu'à une personne digne de ses hommages , et à qui il se seroit fait hon-

l'Os CHARLES d'elLIVAL

uour de chercher à plaire. Sa délicatesse elie respect qu'il auroit eu pour elle, ne lui auroient pas permis d'employer, pour parler de sa tendresse , des expressions semblables à celles de la de'claraliou. Il auroit signé son billet , ou auroit cru ne devoirpas récrire j et, d'ailleurs ,siraffeclion que Vicîorine avoit paru lui inspirer avec tant de force , avoit pu se dissiper si vile, et faire plade à lïn nouveau sentiment , le loyal comte Charles, si digne de son père , si renommé par la pureté, par la sévérité même de ses principes , auroit-il continué de chercher à prouver à Victorine un attachement qu'il n'auroit pas ressenti? Encore la veille, sous les yeux de ses parens et sous ceux de la princesse , n'avoit-il pas eu pour Victorine ces attentions et cet empressement que peut seul inspirer un cœur bien épris?

Non , Charles ne peut pas être accusé de perlidie. Si l'écriture de celle malheureuse déclaration n'a pas clé contrcfaile,

81 celle pièce n'est pas le résultat d'une intrigue odieuse, l'existence de ce prétendu aveu s'expliquera de la manière la plus honorable pour Charles , et la plus heureuse pour lui , ainsi que pour Victorine.

Telles étoient les réflexions que faifoit tout haut le baron. Avec quelle avidité Victorine les recueilloit ! qu'elle se sentoit soulagée en écoutant son frère ! Elle parlageoil son espérance, la rejeloit ensuite y la saisissoit de nouveau ; mais enfin , entraînée par la sécurité du baron , et ne demandant qu'à rendre sa confiance au comte , elle retrouva assez de calme pour pouvoir attendre , sans trop d'impatience , le retour de son frère, qui venoit de se décider a voir Charles et à lui montrer la lettre et la déclaration que Victorine avoit reçues.

De nouvelles réflexions de la soeur et du frère changèrent cependant la résolulion du baron. L'explication qu'il voulait avoir parut aux jumeaux , lorsque leur Tome n. 8

I^O CHARLES D ELLlVAIi

grande agitation fui dissipée , trop peu digne d'eux et de Charles d'Ellival. Ils préférèrent d'attendre, du hasard et du temps, un éclaircissement qui ne leur paroissoi! plus douteux. Victorine se relira dans son appartenient presque entièrement rassurée, et le baron aîloit sortir, lorsque Charles entra chez lui.

Le baron arrangeoit fjueîques papiers, et lenoil encore à la main la déclaration envoyée à Victorine. Charles jetant les yeux sur cette pièce, et reconnoissant son écriture. — « Par quel hasard , mon cher <( ami , dit-il au baron , avez-vous entre « les mains une portion de rôle que jai <( copiée pour ma cousine Léopoldine ?

« Est-ce que vous devez jouer dans la « pièce pour laquelle elle a accepté un (( rôle ?» — Le baron enchanté , mais voulant cacher soigneusement son plaisir, et ne rien apprendre au comte de ce qui s'étoil passé, trouva d'autant plus aisément le moyen d'expliquer comment celte copie lui éloit parvenue, mêle'e par mégarde

ET ALl'ilOASINE DE FLORENTINO. I7I

avec d'autres papiers , que Charles n'avoit altachë aucune impoilance à sa question. Le comte sortit quelques raomens après; cl à peine fut-il hors du palais de Santanqëio, que le baron couralchezsasœur, lui répéta tout ce que Charles venoit de dire , et acheva de rendre la paix et le bonheur à sa bien-ainiée Vicloriiie. Ils ne doutèrent pas cependant que ce ne fut Lèopoldine qui eût fait parvenir la de'claralion à inaùemoiselle de Santangèlo; et cette démarche, réunie avec tout ce qu'ils avoienl entendu dire de la cousine de Charles, leur donna de sou caractère une idée qui leur inspira des craintes. A quels excès, à quelles perfidies, la violence de ses passions, et surtout la force de sa jalousie , ne pouvoient-elles pas la porter? Ils avoienl besoin de plus de prudence cjue jamais, et ils résolurent de ne laisser ii^noreràleur excellente protectrice aucun des nouveaux «ujets d inquiétude qu'ils venoicnl de découvrir.

Ï72 CHARLES D ELLIYAL

D'un auîre côte, l'accident éprouvé par mademoiselie Constance de Salini , avoit été pendant quelques jours , dans Rome, l'objet de toutes les conversations. On avoit beaucoup loué le dévouement courageux du jeune baron de Santangélo; et les rapports d'âge , de naissance et de fortune qui existoient entre le baron et mademoiselle Constance, avoient fait imaginer facilement qu'un sentiment particulier n'a voit pas peu contribué à la noble et hardie démarche du baron. Constance, à qui on en parla, désiroit trop que ce bruit fût fondé, pour que ses réponses ne donnassent pas , sans qu'elle s'en doutât, «ne nouvelle vraisemblance à celte conjecture; et bienlùl on ne douta plus, dans les cercles de Rome, du prochain mariage de mademoiselle de Salini avec M. de Sanlangélo.

Le baron éloit trop amoureux d'Adélaïde pour attacher la plu§ petite importance à ce qu'où lui dit à ce sujet. Mais

ET ALPIIONSINE DE FLORENTIINO. Ij3

hialheureusement CharloUe crut devoir faire part à Adélaïde de ce qu'elle venoit d'apprendre de ce prétendu mariage. Quelle peine cruelle comprima à linslaiit le cœur d'Adélaïde, si bonne , si douce, si aimante ! Sa raison et sou amour lui disoient que celle nouvelle étoil fausse ^ que Jean ne pouvoit pas lui èv.c inndclc. Mais ce qu'on lui avoit rapporté de l'assiduité du baron auprès de Constance, dans un des derniers bals , l'empressement avec lequel on assuroit qu'il avoit exposé sa vie pour sauver celle de mademoiselle de Salini, et tous les détails qu'on ajouloit sur leur prochaine union , étoienl des preuves qu'aucune considération ne lui paroissoit pou^oir détruire. Son trouble étoit extrême , la douleur l'accabloit , et elle n'osoit parler de son horrible inquiétude, ni à sa mère, ni à son père, ni même à son frère chéri. Elle condamnoit trop ses alarmes, lorsqu'elle pouvoit surmonter un moment sa terrible agitation ,

.«71 CHAr.Lr^,S U F.LLIVAL

pour oser les confier ; elles pesolenl sur F, m cœur, sans qu'aucune main amie pût Je soulager.

Lorsque le baron e'toit auprès d'elle , elle etoit quelquefois enlicrcment rassurée , et son âme se rouvroit à la joie; mais combien il lui arrivoil souvent de payer cher ces momens de sécurité et de contentement ! Elle croyoit voir sur le \isage de Jean un air rêveur, préoccupe. Le son de sa voix n'éloit plus aussi doux , son regard n'étoit pas aussi tendre ; il ayoit cessé de se plaire auprès de son Adélaïde; il ne la voyoit plus que par LaLilude ; la politesse seule , ou tout au plus l'amitié, dictoit ses paroles; c'étoil auprès d'une autre qu'il brùloit de se retrouver; c'éloit à une autre qu'il avoit donné tout sou amour. Sans doute il avoit combattu, sans doute son beau caractère lui reproclioit son infidélité ; mais sa nouvelle ardeur ttoit trop forte pour qu'il pût y résister, Adélaïde éloil bien malheureuse.

ET ALPIIONSINE DE FLOKENTIA'O. 1 7 0'

LETTRE

De la marquise de Floventino au comtfi Antoine de Volenta.

M Monsieur le comle , nos intérêts sont ff étroitement lies. Je vous ai confié mes K craintes , vous les avez partagées; je ne « puis les supporter plus long-temps. 11 (( faut que je m'assure qu'elles n'ont au-^ « cun fondement , ou que je cherche eC « que j'emploie avec vous les moyens les « plus efficaces et les plus prompts pour (f nous en délivrer. 11 y va de tous nos « projets, de notre renommée, de notre « existence. J'ai toute confiance en vous , « vous en avez en moi, aidons-nous muff luellement de toutes nos forces. iSous « pouvons avoir de grands obstacles :ï M vaincre.

J76 CHARLES d'eLLÎVAL

« Demain malin je pars ; je laisserai ma u fille à Rome; je visiterai tout; j'inter- « rogerai toul le monde; je caresserai, « je menacerai, je séduirai, j'inlimiderai; « je n'épargnerai ni l'or, ni les promesses; « il sera impossible de me résister; tout « ce qu'on sait, je le saurai , cl tout cô « que je dccouvrii'ai , je m'empresserai <i de vous l'apprendre.

(( On parle beaucoup dans Rome d'un « jeune baron de Sanlangélo , arrivé de- <( puis peu de Naples avec sa sœur , et « pour lequel le princesse de ce nom a la (( tendresse d'une mère. On dit qu'il est (( Irès-épris des charmes de Constance, « qu'il lui a sauvé la vie, qu'il veut de- <( mander sa main. Il m'a paru que ma ^ fille en seroit peu fâchée. Ce Sanlangélo (( et sa sœur sont jumeaux. Tout ce qui a est jumeau me déplaît et m'effraie. J'en « rencontre pnrloul. Venez, pendant mon (( absence , voir ma fille. Faites -la causer, u elle ne scia pas sur ses gardes. INe né-

5T ALPIIONSINE DEFLORENTINO. 17^

« gligez rien pour savoir ce que c'est que (( ces nouveaux arrivés. Ils m'inspirent ïr des soupçons, et ces soupçons sont re- « Jatifs à vos plus grands inte'rêls , ainsi K qu'aux miens. »

iy^ CHARLES d'elliyal

AUTRE LETTRE

De la même au même.

« Je me suis enfoncée dans la grande « forêt voisine des sources du Téverone. (( J'élois à cheval, et j'avois avec moi plu- « sieurs de mes gens. J'ai eu de la peine à c< retrouver le château ruiné. J'en ai par- « couru , avec beaucoup de soin , les dif- « férens appartemens; Je n'ai rencontré « personne. Lorsque j'ai été dans la gale- « rie où l'on voit encore quelques vieilles u armures , j'ai couru un grand danger. « Je me suis approchée de très-près d'un (( vieux bouclier, sur lequel je voyois les (( armes et la devise desFlorentino, et qui « étoit encore attaché à une énorme cui- « rasse. J'y ai porté la main ; à l'instant la (( cuirasse et le bouclier^ se détachant du « mur, sont tombéssur moi, et m'auroient

ET Ar.I'ilONSINE DE FLOl\ENTINO. 179

u écrasée , si je ne n'avois pas eu la force « de m'élancer en arrière. Un pressenli- « ment secret m'a effrayée un moment, « mais je l'ai bientôt repousse, ef, secouant « la poussière dont j'élois couverte , j'ai H continué ma reclierclie.

u Je suis enlîée dans une chambre où u habitoit celle dame Blanche dont les « enfans du bûcheron m'ont tant parlé.

« J étois seule dans ce moment, j'ai voulu « m'y asseoir ; mais je ne sais quel trouble « m'agitoit; le jour éloil très -sombre i( dans celle chambre; un resle de vieille K tapisserie paroissoil se remuer; les per* « sonnages que l'on y distinguoit encore, (( sembloient se mouvoir, ellesondulai{ lions de la tapisserie donnoient à leurs (( regards une sorte de mouvemeulj d'ex- « pression et de vie Je suis peu susceptible « de vaines terreurs, et cependant tons les « efï'els que je voyoisme déplaisoient; j'ai « voulu les faire cesser, ou du moins en « reconnoltre la cause. Je me suis levée ;

l8o CliARLES d'eLLIVAL

u j'ai lire avec force la tapisserie , elle à K cède ; et sur le mur qu'elle caclioit , j'ai *i vu écrit en très-gros caractères : Priez (( pour Ainédée j pour Léon , et pour t( Alpf ion sine de Florentine.

»( Je ne puis le dissimuler, j'ai été un « moment comme pélrifiee ; je me suis <( empressée de sortir de celle chambre ^ « et je me suis avancée vers la chapelle.

« J'étois encore seule. Je suis allée vers (( le sanctuaire. La vue de ces voûtes <:< écroulées, de ces murs lézardés, de (c ces tombes brisées , de ces plantes sauf< vages soulevant les pavés , de cet autel « dégradé par le temps, m'a saisie malgré « moi. J'ai cru entendre marcher autour « du sanctuaire ; j'ai regardé par les brè- « ches , j'ai fait plusieurs pas hors de « l'enceinte , je n'ai découvert personne. « Rentrée dans la chapelle , je ne pouvois (( m'empêcher de considérer, avec une <v sorte de terreur, ces débris, ces cendres, « celle poussière qui m'entouroient. J'a-

ET ALPIIONSINE DE FLOBENTINO. l8l

u vois SOUS les yeux l'épi laphe d'Amédée (( et d'Aurore, et, pendant que, sans m'en « apercevoir, je me livrois à une sombre « méditation , des cris plaintifs se sont {( fait entendre; j'ai frémi ; un oiseau luu gubre étoil perché sur une ogyveà demi u écroulée ; je n'ai pu parvenir à l'éloi- « gner, et j'ai frémi encore. Un bruit « sourd a attiré mon attention; les marte bres d'un tombeau se sont détachés, m une partie de la maçonnerie s'est ébou- K lée , la tombe s'est entrouverte , ua « squelette a paru , et ses ossemens ont « semblé un moment participer aux mou- H vemeos des parois du tombeau. J'ai « senti une secrète horreur. J'ai voulu « m'approcher des marches de l'autel ; <c mais je tâchois en vain de rappeler mes H forces et mon audace. Mes genoux se <( déroboient sous moi. Je me suis apte puyée contre un vieux mur. J'ai lu sur « ce mutt, prêt à tomber, comme dans la ik chambre de la dame Blanche ; Priez

i83 CHAULES D ELriYAL

a pour 'Aniêdée y pour Léon, et pour H Alphonsine de Florent ino. Et à \u\s- H lant , étrange effet sans doute des sea- « salions terribles et si extraordinaires que M j'c'prouvois , une voix sépulcrale a re- « lenti dans la chapelle ; elle paroissoit (c partir du fond du sanctuaire. — Trem- (( 'b!e j ai - je entendu, tes victimes in- « nocentes se lèvent contre toi , elles u t'environnent , tu ne peux échopper i( à la vengeance céleste. — Tout mon « courage m'a abandonnée. J'ai poussé (( un cri, et je suis tombée presque sans {( vie.

« Je ne sais pendant combien de temps (( a duré mon élat d'insensibililé ; mais « lorsque je suis revenue à moi, je me « suis vue au milieu de ceux de mes do- « mesliques que j'avois amenés , et qui s'ef- « forçoienl de me secourir. Inquiets de (( ma longue absence, et, craignant que u je n'eusse éprouvé quelque «ccident « parmi les décombres , ils m'a^ oient

ET ALPItONSINE DE FLORENTINO. l83

a cherchée , et in'avoietit enfin trouvé* <( clendue sans corinoissauce sur le pave « de celte chapelle funeste. Leur pre- « sence m'a rendu mon assurance ordii( naire, et, remise de ma foiblesse , je i<. me suis hâte'e de quiilcr les mines, et « de revenir au \illage où j'avois couché. (( Lorsque j'ai été sortie de l'enceinte du « château , j'ai cru voir de loin , sur une « hauteur, un homme et une femme à « cheval, qui couroient à toute bride. J'ai « désiré un moment de pouvoir les join- « dre ; mais ils alloient dans un sens (( opposé à ma roule, et j'avois besoia « de jouir promplemcnt d'un peu de « repos.

;< Qui auroil pu me persuader que moi, « dont l'esprit a toujours été si supérieur if à loules les craintes chimériques , et si « libre des préjugés du vulgaire , j'aurois « pu éprouver tout ce que j'ai ressenti « dans ce vieux cliàteau dont le souvenir m'est odieux ? Mai^ tous ces nuages sont

l84 CHARLES d'eLLIVAI,

(( dissipés. Que ne braveroit pas ma fer* « meté? Dès demain je poursuivrai l'exé^ « cution de mon projet ; j'irai à l'ermitage <{ où les jeunes hacherons ont dit qu'ils cf avoient e'té ëlevës, et je vous écrirai h u mon retour. *

ET ALPIIONSINE DE FLORENTIXO. l85

AUTRE LETTRE

De la même au même.

« J'ai eu beaucoup de peine à trouver (( cel ermitage où j'esperois recueillir quel- « que renseignemeul. 11 est maintenant K enlièreraenl abandonne. L'autel est sans i< ornemens , la cellule sans meul3les,et « le jardin sans culture. Les portes même « n'en sont pas fermées. Dans un réduit « situé à côté de la cellule, quelques restes « de mauvais papiers étoient par terre « derrière des planches, où iisparoissoient H être tombés sans qu'on s'en fût aperçu. « Je les ai ramassés , dépliés , examinés « avec soin. Plusieurs n'éloieut que des « brouillons , ou des essais d'écriture , « vraisemblement des jeunes bûcherons.

« Mais quelle surprise n'ai-je pas éprou- « yée , en jetant les yeux sur une feuille « qui avoit dû être réunie à d'autres ; elle

l86 CHARLES d'eLLIVAL

(( présenloituneiiii deleltre^elétoil signée i( Aurore. Je n'ai trouvé aucun indice qui <( pût m'éclairer à ce sujet. Mais vous « devez avoir connu l'écriture de votre (( parente ; je vous enyoie ce papier. (( Combien cette signature m'a fait faire <c de réflexions ! Si une datey étoit réunie, c( quelles lumières nous pourrions en « tirer ! Plus je pense aux objets qui nous ({ intéressent, et plus je suis convaincue u que la plus grande surveillance est m- « dispensable , et que nous ne devons n néoli^er aucune recherche. J irai de- « main matin à la cabane de Thadée. 11 u sera bien difllcile à ceux qui l'habitent -.( d'échapper à tous les pièges que je leur « tendrai» »

Page 1