Commines, édition Lenglet-Dufresnoy, t. II, p
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En même temps le duc de Bourbon déclare à Charles de France que les troupes qu'ils commande n'ont pas reçu de gages depuis longtemps ; il lui faut à tout prix de l'argent pour leur payer leur dû sans plus tarder. A son récent voyage en Normandie, Louis XI avait obligé la plupart des receveurs à lui verser d'avance le montant de leurs recettes du dernier trimestre, si bien que les caisses publiques sont vides et l'argent comptant introuvable. Aussi, après consultation des autres chefs confédérés et mûre délibération, a-t-il été décidé ^ d'emprunter une somme de 10000 livres tournois qui va être répartie entre les intéressés par les soins d'Odet d'Aj^die, de Bertrand du Parc et de Charles d'Amboise, seigneur de Charenton-sur-Cher ; à ce prix, on pourra éviter de graves désordres et empêcher le pillage de la contrée ; on pourra aussi occuper sans peine ^ les principales places norrnandes, à l'exception deLouviers, de Yernon, de Pont-de-l'Arche et de Gisors. Les deux cents lances que réclame le duc de Bourbon, et dont le commandement pourra être confié à Jean de Lorraine, comte d'Harcourt, — celui-ci a l'avantage d'être originaire de Normandie et d'avoir joué un rôle brillant dans le recouvrement de la province sous Charles VIP , — sont indispensables pour parachever l'occupation du pays, et tenir la province en toute sû-
1. Bibliothèque nationale, ms. français 6963, f» 59. l'ièce justificative no XII.
2. Parmi les capitaines qui furent chargés d'assurer dans les villes de Normandie l'obéissance à Charles de France, on peut citer Jean du Mesnii- Simon (Bibliothèque nationale, ms. français 23262 et ms. français 6972, f" 285 ; Pièce justificative n» XXIV) ; Colinet de Longchamp et Guillaume de Braquemont furent tour à tour envoyés à Falaise, où commandait antérieurement un capitaine, aidé d'un lieutenant nommé Lancelot de Haucourt (ms. français 23262). On était exposé à bien des dangers sur les grands chemins ; Odet d'Aydie reçut 500 livres pour indemniser des gens d'armes qui avaient été détroussés et volés de leurs chevaux en revenant naguère de Paris à Caen (Bibliothèque nationale, Pièces originales, vol. 155, doss. 3216, n» 9). — La garde du Mont-Saint-Michel et de l'île voisine de Tombelain^ fut confiée au sire de Bricquebec (Bibliothèque nationale, ms. français 21477 ; Pièce justificative n» XXVlIj.
3. Cf. Bibliothèque de l'École des Chartes, t. LI (1890), pp. 569 et suivantes. Sur ses agissements dans le Cotentin et les nombreuses revues d'hommes d'armes qu'il y passa de 1454 à 1465. voir : Bibliothèque nationale, ms. français 22439, et Pièces originales, vol. 910, Courtin, n* 3.