Thomas Basin, t. II, p
avait été tenu à Paris (29 septembre) : des notables et de sages conseillers y assistèrent. Les demandes du duc de Berry y furent examinées en détail, et, en conclusion, on prit le parti d'y accéder pour obtenir la paix, et de céder la Normandie * » Charles de France en parut satisfait, et son entourage plus encore. Il alla prendre gîte et repos, avec le comte de Charolais, au château de Vincennes- . Aussitôt une nouvelle trêve, conclue le l^*" octobre, fut publiée à Paris par Tristan L'Ermite, dans les termes que rapporte le chroniqueur Maupoint ^ Des Parisiens en quête d'une bonne aubaine en profitèrent pour se rendre du ^é de Saint-Antoine-des-Champs avec vivres et denrées de toutes sortes, linge, souliers, etc., escomptant quelque profitable trafic avec les troupes bretonnes et bourguignonnes qui y campaient. Quelques-uns trouvèrent à vendre leurs marchandises à des prix rémunérateurs, d'autres se firent voler et regrettèrent leur déplacement. Il paraît avéré que ces gens d'armes se conduisirent fort mal partout où ils passaient, et causèrent, en Brie et en France * , des dommages irréparables. Dans les églises, ils volèrent ; chez les particuliers, de ferme en ferme, ils dérobèrent meubles et chevaux, détruisirent vignes, jardins et plantations, par vengeance peut-être de n'avoir pu se livrer à un pillage escompté de la capitale ^ . On avait autorisé primitivement les Bretons et les Bourguignons à circuler dans Paris à leur gré pendant les trêves, à la condi-
1 . Mémoires de Jean de Haynin, édit. Chalon, t. I, p. 54 ; « Et luy avoit ledit roy donné ladicte duché [de Normandie] entièrement pour son partage, et l'avoit beau donner, car ja l'avoit presque toute perdue, et estoit quasi toute par l'aj^de des Bretons es mains dudit duc de Berry ; mais, quelque promesse que le roy luy fit de l'en laisser jouir paisiblement, il n'en tint rien, et luy rosta tout guerres de temps après. »