Idem, ff. 33, 39 v
orfèvre du roi, est chargé de fournir vingt-huit fers d'argent et de les dorer pour attacher aux lacs de ruban de soie (rouge vert, noir) et aux aiguillettes qui ferment et lacent les collets et poignets de ces corsets ^ Monseigneur porte des ceintures de cuir étroites, les jours ordinaires - ; il en a de plus riches ; car on achète, le 23 décembre, à Raoulin de La Rue un tissu étroit de soie noire, « ferrée d'une ferrure d'or émaillée, façon de Paris, pour le ceindre sur sa robe de velours cramoisy ^ », et l'orfèvre Martin Hersant a utilisé vingt-deux grains d'or (à 22 carats) pour refaire « l'ardillon et une broche ronde traversant par les charnières de la boucle de la ceinture » *.
Au début de la belle saison (4 avril), on paie au tailleur du jeune prince un manteau d'écarlate ^ . L'hiver, Guillemin Le Boulanger, qui cumule les fonctions de valet de chambre de la reine et de fourreur, lui fournit un superbe manteau de martre et de gris, en même temps qu'il double de fourrure sa robe d'écarlate, et qu'il en orne les collets, poignets et parements de dix martres zibelines valant plus de 68 sous pièce ^ ; trentetrois bêtes de gris entrefin sont employées à fourrer les bottines de cuir récemment commandées au cordonnier Jean Marchant pour mettre à la chambre, lorsque le prince se lève la nuit ^. Jean Marchant est d'ailleurs souvent occupé à confectionner des chaussures pour Monseigneur, et à lui préparer les semelles avec du blanchet ^ ; chaque trimestre, on compte au moins douze paires de souliers, valant chacune 3 sous 6 deniers tournois, et pour l'hiver on lui en remet quatre paires à doubles semelles, qui sont payées un peu plus cher ?.
On achète à Paris de la toile de Hollande pour tailler les chemises du jeune Charles ; c'est de la toile de Troyes qui sert à confectionner les mouchoirs, ainsi que les béguins qu'il