‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 160 sur 598 · Legeay, Histoire de Louis XI, t. I, p · texte numérisé non relu

Legeay, Histoire de Louis XI, t. I, p

3. La rivalité entre Normands et Bretons était ancienne et de notoriété publique (cf. Maupoint, Journal, p. 96) . Elle avait sujet de se manifester surtout aux frontières des deux pays, où les incidents étaient fréquents. Nous n'en voulons donner ici qu'une preuve, empruntée à des remontrances que fit un jour le duc de Bretagne à Louis XI, en raison de leur caractère de contemporanéité : « Comme ledit pais et duchié de Bretaigne ait ses fins et mettes en la partie de Normandie par la rivière de Coaynon, qu'elle fait séparation et division desdits pais, ainsi qu'il est tout notoire, et soit ainsi que, puis la reducion derreniere dudit pais de Normandie, le viconte et autres officiers du roy à Avranches sont efforcez par voye de fait contraindre plusieurs subgez dudit pais de Bretaigne et ou dedens des dittes mettes obéir à la dite court d'Avranches, et pour leurs deffaulx de ce faire les prins et menez prisonniers à la ville d'Avranches, extorqué d'eulx aveulz et congnoissances d'estre leurs subgez, prins plusieurs biens desdits subgez du duc en sondit pais, en attribuant audit pais de Normandie dudit pais de Bretaigne deux ou troys lieues de bon pais, ce considéré, plaise au roy faire cesser les dites entreprinses et toutes les dites exactions, prohiber ausdits ses officiers à Avranches pour le temps à venir, et de ce bailler ses lettres audit duc ». (Bibliothèque nationale, ms. français 18703, f<^ 3 v».)

craintes trouvèrent leur justification quand Jean de Lorraine vint annoncer à l'hôtel de ville de Rouen qu'un bruit fâcheux courait par tout le pays : on assurait que François II, associé à Antoine de Chabannes, avait le dessein de s'assurer de la personne du duc de Normandie et de l'emmener en Bretagne. Basin rapporte ces bruits, et il était témoin K Quelle valeur fallait-il leur attribuer ? Vrais ou faux, exagérés ou sérieux -^ ils prirent néanmoins corps avec une extrême facilité, et les Rouennais s'armèrent. Pour le moment, il ne s'agissait encore ^ que d'une sourde rivalité des seigneurs Normands, auxquels les Bretons étaient peu sympathiques, et qui, ayant la prétention de conserver la direction des affaires du duché et de profit ter des fructueuses situations entrevues, réussirent à éveiller la méfiance de Charles de France contre ses bons alliés de la veille^ , dans l'espoir de voir s'éloigner des compétiteurs occasionnels. Le bruit courait que Dunois et le duc de Bretagne voulaient s'emparer du pouvoir sous prétexte de récupérer les 400000 écus que la guerre leur avait déjà coûtés ^. Et pendant ce temps, même de loin, selon l'expression de Commines ^, Louis XI soufflait le feu, étant passé maître en cette science.

Des préparatifs sont faits pour l'entrée solennelle du duc dans la capitale de son nouveau duché ^. De riches et brillants

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