‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 164 sur 598 · Basin, t. II, p · texte numérisé non relu

Basin, t. II, p

OÙ Charles de France manifeste un grand ennui et ne parvient pas à se débarrasser de la séquelle d'ambitieux qui l'entourent, en attendant qu'ils l'exploitent. Il cherche à amener à lui de nouveaux conseillers, originaires de la province, comme l'évêque de Beauvais, Jean de Bar, à qui il offre, avec le titre de confesseur, une pension de 2000 livres et de larges bénéfices, à condition de l'avoir à son entière discrétion ^ ; mais l'évêque, malgré toutes les pressions dont il est l'objet, malgré les avances même que d'aucuns lui prodiguent, résiste, se refusant à séparer sa propre cause de celle du roi dont il se dit le fidèle vassal et sujet, de qui il tient ses biens temporels ; tout au plus consent-il à vendre une maison qui appartient à son père et où il s'agit d'installer la Chambre des comptes ducale. Enfin Charles de France est salué au nom de toute la province par les notables rouennais, qui lui présentent leurs hommages et lui adressent des harangues où ils se croient obligés, le duc de Bretagne étant présent, de lui ménager quelques compliments, le remerciant aussi de ses bons procédés et l'assurant qu'on le verra avec plaisir recevoir sa bonne part des dignités et offices du pays, pourvu que les Normands aient la leur ^. François II dut sourire intérieurement en entendant cet aimable langage, et se féliciter d'apprendre ainsi que ses projets n'avaient pas transpiré davantage. Pendant ce temps, Louis XI attendait, attentif aux dissensions prochaines ^ et aux avances que lui faisait ouvertement le duc de Bretagne, tandis que Charles son frère, tout en entretenant continuellement des intelligences avec les Anglais, tentait de se rapprocher des Liégeois, par dépit de voir son complice le comte de Charolais disposé peut-être à lui refuser la

1. Dom Martène et Dom Durand, Thésaurus novus anecdotorum, t. I (1717), col. 1832.

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